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Anthony Mann

Walter Brennan, James Stewart et Anthony Mann sur le plateau de
«The Far Country / Je suis un aventurier»

Anthony Mann, le peintre du western …

Né le 30 juin 1906 à San Diégo en Californie, Anthony Mann est aujourd’hui considéré comme l’un des maîtres du western. Juste derrière John FordJohn Ford, l’incontestable numéro 1, mais au même rang qu’un Howard HawksHoward Hawks ou un Delmer DavesDelmer Daves.

Pour Jacques Lourcelles : "l’apport de Mann est avant tout d’ordre stylistique" ; il est vrai que le cinéaste américain, qui a tourné onze westerns durant sa carrière, peut être considéré comme un véritable auteur. De nombreux historiens classent même les westerns de Mann parmi les plus purs, les scénarios qu'il a tournés, la plupart écrits par Borden Chase, comme les plus beaux.

Il y a réellement, aujourd’hui, une mode Anthony Mann. Que de chemins parcourus par un homme qui a débuté sa carrière en faisant tourner des bouts d’essais pour «Autant en emporte le vent» (1939) et «Rebecca» (1940) avant de se spécialiser durant les années 40 dans les films noirs de série B. Cet apprentissage va permettre au cinéaste de mûrir et lui donner le goût de la violence inhérente aux films noirs.

C’est cette violence, parfois même ce déchaînement de violence qu’il va transposer dans ses westerns et notamment dans les cinq qu’il va tourner avec James StewartJames Stewart. Un cycle de grande qualité qui va permettre à l’acteur de côtoyer les sommets et au metteur en scène de rejoindre les meilleurs.

Avec ces cinq films («Winchester 73», «Les affameurs», «L'appât», «Je suis un aventurier» et «L'homme de la plaine») Anthony Mann va pouvoir décliner son thème favori : la rédemption individuelle.Il offre des paysages somptueux et des rapports humains exacerbés. Il délaisse le mythe et la légende si chers à Ford pour l’aventure individuelle. Au contraire de Ford mais aussi de Hawks, il va gommer tout pittoresque ou scènes de comédie pour se concentrer sur l’action.

Avec Mann, elle est tendue. Soudaine et parfois même sadique.

James Stewart: "Son visage ressemble à une maison hantée" …

Le cinéaste américain trouvera en James Stewart, dont le visage ressemble à une maison hantée, son interprète idéal. Un héros qui doute et cache souvent un passé douloureux. C’est le cas dans «Les affameurs» (1952), où James Stewart joue un ancien pilleur de banques essayant de retrouver une certaine virginité. Sa force, il la puise dans les murailles de son intérieur.

Le héros de Mann est un individu qui lutte contre le mal et les conditions naturelles. Dans ses westerns, la nature est belle. On y voit la montagne, les rochers, l’eau, la neige ce qui fit dire à Jean-Luc Godard que Mann "était le plus virgilien des cinéastes" ou encore à Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier "Mann, homme d’extérieur, sait admirablement placer ses héros dans des paysages qui ne sont jamais toile de fond, mais participent à l’action, la topographie jouant un grand rôle dans ses films, et la mise en scène se plaisant à insister sur les rapports, tous pratiques, mais parfois aussi affectifs entre l’homme et la nature".

Il est donc difficile de répertorier Anthony Mann. Un classique ? Un romantique ? Un esthétique ? Un grand cinéaste surtout dont les films flirtent avec la tragédie.

Pour lui, le western est une affaire d’hommes. De duels. De face à face. Comme dans un ring de boxe …

Son héros est, souvent, un homme seul… luttant pour la justice. Pour que le monde soit un petit peu meilleur, l’Amérique plus juste.

"La force d’un personnage n’est pas seulement dans sa manière de distribuer les uppercuts ou de faire saillir ses muscles : elle est dans sa personnalité, c’est la force de sa détermination"

Ainsi soit-il !

Les westerns d'Anthony Mann

Outre ses grands films avec James Stewart, Mann devait réaliser deux excellents westerns moins connus: «La porte du Diable» avec Robert Taylor qui, un an avant «La flèche brisée» de Delmer Daves, prenait fait et causes pour les Indiens, et «La charge des tuniques bleues», un hymne à la nature avec un Victor Mature impressionnant.

Cliquez sur les millésimes soulignés …

1950 - DEVIL's DOORWAY (La porte du Diable)

1950 - THE FURIES

1950 - WINCHESTER '73

1952 - BEND OF THE RIVER (Les affameurs)

1953 - THE NAKED SPUR (L'appât)

1954 - THE FAR COUNTRY (Je suis un aventurier)

1955 - THE MAN FROM LARAMIE (L'homme de la plaine)

1955 - THE LAST FRONTIER (La charge des tuniques bleues)

1957 - THE TIN STAR (Du sang dans le désert)

1958 - MAN OF THE WEST (L'homme de l'ouest)

1960 - CIMARRON (La ruée vers l'ouest)

Patrick Glanz, juin 2008
(Ed.6.1.1 : 31-10-2012