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Joseph KOSMA (1905 / 1969)

L'Encinémathèque

Après avoir travaillé avec Jean Renoir, Joseph Kosma, compositeur d'origine hongroise, associa pour la postérité son nom à celui du poète français Jacques Prévert.

Les deux hommes ne furent pas pour rien dans l'avènement de l'un de nos plus grands cinéastes, Marcel Carné.

Mais il serait injuste de limiter la contribution de cet artiste à sa participation à ce célèbre trio qui fut à l'origine de quelques unes des plus grandes oeuvres du cinéma hexagonal.

Voyons donc cela de plus près …

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T07 - Joseph Kosma, le musicien des poètes …

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Biographie …

Celui qui deviendra l'un des plus célèbres musiciens du cinéma français est né Jozsef Kozma, à Budapest, Hongrie, le 22 octobre 1905. J'ai lu, sans pouvoir le vérifier, que sa grand-mère maternelle fut une élève de Franz Liszt.

Adolescent, il s'intéresse déjà à la musique, produisant un opéra de jeunesse pompeusement intitulé «Noël dans les Tranchées».

Après des études à l'Opéra National de Hongrie, il obtient une bourse qui lui permet de travailler pour l'Opéra de Berlin où il devient directeur d'orchestre. Il a ainsi l'occasion de rencontrer Berthold BrechtBerthold Brecht et de travailler avec ceux qu'il reconnaîtra comme ses maîtres, Kurt WeillKurt Weill et Hanns EislerHanns Eisler. C'est également à Berlin qu'il rencontre la concertiste Lilly Apper, bien vite devenue son épouse.

En 1933, fuyant le nazisme (Kosma est d'origine juive), il s'installe à Paris et commence à travailler avec le poète français Jacques PrévertJacques Prévert, dont il écrira la musique de plus de quatre-vingt chansons. Parmi les plus célèbres, il faut écouter «les Feuilles mortes» (1946), immortalisée par Yves Montand, ou encore «Barbara» et que chantèrent aussi Les Frères JacquesFrères Jacques (1954).

Personnage important de la mouvance “Saint-Germain-des-Prés”, il travaille également avec Robert DesnosRobert Desnos («La Fourmi», …) et Raymond QueneauRaymond Queneau («Si tu t'Imagines», …).

En 1949, Joseph Kosma opte pour la nationalité française.

L'âge d'or du cinéma français …

La première collaboration de Kosma avec le septième art se fait par l'intermédiaire de la chanson qu'interprète Florelle dans «le Crime de Monsieur Lange».
  Dès 1936, il compose des musiques de film. Ses premières partitions illustrent les oeuvres de deux des grands metteurs-en-scène de l'époque, Jean RenoirJean Renoir et Marcel CarnéMarcel Carné. Pour le premier, après l'épisode avorté de «La Partie de Campagne», Kosma rédige les partitions de «La Grande Illusion» (1937), «La Marseillaise» (1937), «La Bête Humaine» (1938) et «La Règle du Jeu».

Le compositeur fait également partie de l'équipe artistique du premier film de Marcel Carné, «Jenny» (1936) et le trio qu'ils formeront avec Jacques Prévert est entré à jamais dans l'histoire du cinéma avec «Les Visiteurs du Soir» (1942) , «Les Enfants du Paradis» (1945, sous le pseudonyme de Georges Mouque). La même année, Prévert et Kosma écrivent la fameuse chansons des «les Feuilles mortes», qui entre dans la partition musicale des «Portes de La Nuit».

Enfin, en 1951, son travail sur «Juliette ou la Clé des Songes» reçoit le Prix de la Meilleure Partition Musicale au Festival de Cannes.

On pourrait s'arrêter là !

L'âge d'argent …

Mais Kosma continua, puisqu'il écrivit ou participa à près d'une centaine de partitions pour le cinéma. Il y avait une vie après Carné et Renoir, et Kosma la partagea avec des hommes tels que André Cayatte («les Amants de Vérone», 1948), Christian-Jaque («D'Homme à Hommes», 1948), Georges Lampin («Le Paradis des Pilotes Perdus», 1948), Raymond Bernard («le Jugement de Dieu», 1949), Georges Franju («le Sang des Bêtes», documentaire de 1949), Julien Duvivier («Black Jack», 1950). Des films que l'on pourrait, pour la plupart, qualifier d'humanistes …

Signalons également sa participation aux dessins animés de Paul Grimault, «Le Petit Soldat» (1947) et «La Bergère et le Ramoneur» (1952).

Curieusement, la Nouvelle Vague ignora ce musicien, dont les participations aux musiques de film dans les années soixante, se limite à des oeuvres de second ordre, si l'on excepte «Le Caporal Épinglé» du camarade Renoir.

… Il y a aussi la chanson !

Nombreuses sont les vedettes de la chanson qui doivent une part de leur gloire à Kosma. Montand, on l'a dit («Tournesol», …), mais également Juliette Gréco, («les Enfants qui s'aiment»), Cora Vaucaire («Deux Escargots s'en vont à l'enterrement»), les Frères Jacques ((«Inventaire», «Et la fête continue», …), Mouloudji («les bruits de la Nuit») …

Il y a également la musique :

Parmi ses oeuvres importantes, on peut relever un concertino pour clarinette et orchestre, un ballet, «l'Ecuyère», deux opéras, «Les Canuts» et «Les Hussards», sa dernière oeuvre, publiée en 1969.

Car Joseph Kosma est décédé à La-Roche Guyon, le 7 août 1969.

En 1996, le cinéaste Serge Le PéronSerge Le Péron lui consacre, dans la collection «Musiques de films», un moyen métrage documentaire.

Documents

Sources : Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Les extraits musicaux proviennent du site internet Friendship First / Les Copains d'Abord (chansons hors filmographie) et d'enregistrements personnels (filmographie).

Joseph Kosma : "En venant en France, j'étais décidé à écrire des chansons dont l'objet ne serait pas seulement de distraire mais aussi d'exprimer l'angoisse des hommes devant les menaces de notre monde moderne, passablement inhumain."

© Christian Grenier, septembre 2004

(Ed.5.2.3 : 23-9-2010)