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Mona GOYA (1909 / 1961)

Mona Goya

Mona Goya …

Quel personnage se cache derrière ce pseudonyme à connotation picturale ? Cette jeune femme, passionnée de peinture, fera surtout connaître ce nom au septième art, de façon légère, joyeuse, sans se prendre au sérieux.

Il ne lui aura manqué que le fameux grand rôle pour briller au firmament des étoiles. Mais elle aura tout de même joué dans 70 longs métrages !

Redécouvrons ensemble Mona Goya, un rayon de soleil dans notre cinéma des années d’avant-guerre.

S56 - Mona Goya, une gamine charmante …

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Boucle d’Or à Mexico …

Un tendre rayon de soleil, personnifié par le sourire de la petite Simone Isabelle Marchand, se lève le jour de la Sainte-Catherine, le 25 novembre 1909, à Mexico où les parents français du nouveau-né sont en poste.

La fillette va y passer une petite enfance heureuse, parlant l’espagnol peut-être encore mieux que le français.

C’est déjà une gamine charmante, au sourire câlin, au visage d’ange et à la chevelure d’or. Elle a treize ans quand sa famille regagne la France, après la fin de la Grande Guerre. Elle découvre, émerveillée, notre capitale. Sa maman, consciente du charme de sa fille qui aborde timidement l’adolescence, la confie à un photographe de talent et la présente à ce que nous appelons aujourd’hui des “castings”. Simone a maintenant 16 ans; Germaine Dulac la remarque et la fait débuter dans «l’Oublié», film muet de 1928, tiré d'une œuvre de Pierre Benoît. La toute jeune fille, se voyant sur l’écran, estime que, ma foi, elle présente bien, avec la candeur et l’assurance de l’adolescence. C'est sûr, elle a envie de persévérer dans cette voie …

Rayon de soleil sur Paris …

Passionnée de peinture, la jeune femme choisit de s’appeler Mona Goya pour l’écran. Goya demeure son peintre préféré, elle qui a été baignée dans la culture espagnole. Mona, on s’en doute, c'est pour faire un clin d’œil à la Joconde.

Car notre héroïne est une petite malicieuse et l’on va s’en apercevoir bientôt, dans certains de ses rôles. Choisie par des réalisateurs de renom, elle ne trouve cependant que des emplois légers qu’elle assume avec toute la grâce de sa jeunesse.

En 1928, elle décroche un rôle important dans une production dont le titre lui va à ravir,  «Rayon de soleil» (1928), de Jean GourguetJean Gourguet. Son personnage est gai, primesautier, et le public s'avoue conquis ! Vont suivre d’autres jolies petites bluettes sans prétention mais qui donneront l’occasion de la voir, le sourire aux lèvres. Nous sommes dans les années que l’on dit folles, les années bonheur d’après-guerre et pas encore d’avant la prochaine !

Mona est retenue par Marcel L'herbier pour «L'argent» (1929). Dans «A la Varenne», court-métrage de Jean Dréville (1933) , elle se montre en maillot de bain, une adorable vision de fraîcheur …

Mais voici qu'entre-temps le cinéma s'est pris d'envie de parler !

The flame of love …

Le virage du son n'est pas plus facile à franchir que le mur du même nom ! Un peu angoissée par ce grand chambardement cinématographique, la belle Mona , sur un coup de tête, part pour l'Angleterre. En tout premier lieu, ne connaissant pas un mot d'anglais, elle prend la résolution de maîtriser la langue de Shakespeare. Elle a le goût de la persévérance ! Pour gagner sa vie, elle accepte un emploi à la British International. Parallèlement, elle finit par décrocher un rôle au cinéma dans  «The Lady from the Sea» (1929), aux côtés du débutant Ray MillandRay Milland.

Un film en appelant un autre, elle enchaîne avec «The Flame of Love» grâce à Richard Eichberg De manière étonnante, les emplois qu’on lui offre outre-Manche, contrairement à ceux qu’elles avaient joués en France, la présentent en vamp. Il faut dire qu’elle est une femme maintenant ! Son interprétation dans «The Price of the Things» (1930) lui vaut un succès public. Elle y campe une espionne russe parlant anglais. En parfaite polyglotte qu’elle est devenue, elle s’en tire bien.

Elle tournera finalement 6 films chez nos voisins britanniques. Hélas, des histoires de paperasseries font que l’office d’immigration anglais ne lui renouvelle pas son titre de séjour. Elle rentre en France …

Une gamine charmante …

Bien décidée à poursuivre sa carrière, elle veut néanmoins se cantonner dans des rôles gais, qui correspondent à son tempérament, des personnages de comédie, des “gamines charmantes”, dira-t-elle en parodiant la chanson éponyme de l’opérette «Phi-Phi» qui se joue à guichets fermés : "J’aime la comédie, la simplicité, l’humanité".

Ses actrices préférées sont Marion Davies et Kate de Nagy. Sexe opposé, elle rêve de William Haines. Dans une interview, elle confie sa préférence pourt Josef von Sternberg, qu'elle sait pourtant fidèle aux “vamps” du genre de sa Marlène chérie.

En 1931, nous retrouvons notre actrice dans «Coiffeur pour dames» et «Chérie», deux opus commandités par la Paramount. Car Mona pense aussi aux USA. Elle se décide à sauter le pas, ou plus exactement l’océan, et signe un contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Elle réussit plutôt bien son affaire, allant va jusqu’à donner la réplique à Buster Keaton dans «Buster se marie», dont la version française est assurée par Claude-Autant-Lara.

Comme elle le souhaitait, elle participe à des versions françaises de comédies qui riment merveilleusement avec sa personnalité, comme «Quand on est belle» et «Soyons gais» (1931).

De retour en France, elle enchaîne avec «La merveilleuse journée» (1932) de Robert Wyler, «L’âne de Buridan» (1932), «Les époux célibataires» (1935) d'Arthur Robison (1935) …. Christian Jaque la retient pour «Josette» (1935) où elle donne la réplique à Fernandel. Il faut croire que le réalisateur et l'acteur l’apprécient puisqu’ils la redemandent pour incarner la belle ferronnière dans le désopilant «François 1er» (1938). .

Mona Goya est désormais une femme rayonnante, dans la beauté de l'âge, portant merveilleusement chapeaux et jolies toilettes. Elle chante, enregistre des disques : «C’était un jour de fête» (1942), etc.

A cette époque, elle épouse le comédien Fernand FabreFernand Fabre, un acteur français au charme “british”. Leur union durera 9 ans.

Raymond Rouleau, Raymond Bernard et enfin Sacha Guitry font appel à elle. Ce dernier la distribuera dans «Donne moi tes yeux» (1943), et «La Malibran» (1944) .

Mais l'actrice est trop indépendante pour devenir une exclusivité du maître. Y gagne-t-elle quelque chose ? Ce n’est pas sûr ! Elle n’apparaît dans aucune des grandes fresques entreprises par le metteur en scène dans les années 50. Et les rôles qui vont lui être proposés à partir de là seront de moins en moins riches.

Un éternel sourire …

Mona Goya se produira également sur les planches dans des comédies, toujours fidèle à elle-même.

Lui faisant à nouveau confiance, Christian-Jaque la rappelle pour «Babette s’en va-t-en guerre» (1959) , un rôle court certes, mais un rôle tout de même.

Son dernier emploi nous la montrera, les traits fatigués par un cancer qui la ronge déjà, dans «Les vieux de la vieille» de Gilles Grangier (1960). Elle incarne un amour de jeunesse de Jean-Baptiste Talon, alias Pierre Fresnay. Malgré la maladie, on retrouve dans son sourire, lors d’une courte scène, la malice légère et attachante qu’elle a manifestée durant toute sa carrière.

Mona Goya nous quitta le 8 octobre 1961, à Clichy-la-Garenne . Elle n’avait que 52 ans. Elle fut inhumée au cimetière de Saint-Ouen.

Vraiment, ce fut une gamine charmante, charmante.

Documents

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Sources : Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Mona Goya fait également l'objet d'une fiche de La Collectionneuse.

Mona Goya : "Ce que j'aime ? En tout cas, pas ces rôles de femmes fatales. J'aime la comédie, la simplicité, l'humanité …"

© Donatienne, avril 2010
(Ed.6.3.2 : 14-9-2014)