IL CAMMINO DELLA SPERANZA
(Le Chemin de l'Espérance)
de Pietro Germi, Italie, 1950
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La petite histoireL’idée de tourner «Le chemin de l’espérance» est venue à Pietro Germi trois ans auparavant, durant le tournage de «Fuga in Francia / Fuite en France» dirigé par Mario Soldati. Des douaniers qu’il avait connus à la frontière française lui avaient révélé que, quelques jours auparavant, ils avaient sauvé de la congélation et de la mort plusieurs familles calabraises bloquées par la neige. Ces gens étaient vêtus très légèrement et tentaient de s’expatrier clandestinement. Pietro Germi accorde une grande importante à ce film pour ce qui concerne la première partie de sa carrière, au même titre qu’ «Au nom de la loi» 1949) et «Le disque rouge» (1955). Il reconnaît avoir resenti une certaine fierté et un éprouvé grand plaisir à le réaliser. Pietro Germi : "Ceux qui me plaisent le plus sont, «Le chemin de l’espérance» et «Le disque rouge», qui sont des films auxquels on a imputé un grand nombre de défauts, et ils les ont certainement, ces défauts ; mais à mon avis, ils ne sont pas très importants, c’est-à-dire que ce sont deux films de taille, avec une profonde respiration, avec un sens de la vie à la fois vaste et complexe…" (propos recueilli en 1960). En tournant chaque scène, le metteur en scène savait exactement ce qu’il voulait. Constamment derrière l’objectif, il composait tous les cadrages avec une grande méticulosité. A cette époque, le réalisateur ne disposait pas du zoom et ne pouvait utiliser que rarement le chariot beaucoup trop encombrant destiné à faire bouger la caméra qui pouvait peser jusqu'à 70 kilos ! Le directeur de la photographie, Leonida Barboni, s’occupait des lumières tandis que son assistant, Alfieri Canavero, manoeuvrait la camera, exécutant à la lettre les indications du réalisateur. Après la sortie du film, «Vitti’na crozza», chant traditionnel sicilien, fut pressé sur vinyle pour la toute première fois et eut un grand succès populaire, avant d'être repris par des artistes de la chanson pendant plusieurs décennies. Le scénariste Federico Fellini travaillait à l’époque avec Pietro Germi pour le compte de la prestigieuse maison de production Lux film. L’année précédente, ils avaient déjà tourné ensemble «Au nom de la loi», évoquant la Sicile et la mafia. «Le chemin de l’espérance» débouche sur un dénouement heureux, accompagné par la voix “off” de Pietro Germi. Fellini, qui était en désaccord total avec cette fin, eut une discussion houleuse avec le réalisateur. D’après son scénario, le film devait se terminer plus dramatiquement, les immigrés clandestins étant reconduits chez eux. Pietro Germi s’explique : "Le final était naïf ? Il était trop irréel ? Peut-être, mais je le referais tel quel. Je me suis presque disputé avec Fellini parce que lui aussi me reprochait le sentimentalisme du final. Nous somme restés chacun avec sa propre idée. Ce n’est pas que je ne me rendais pas compte de l’improbabilité de ces gardiens de frontière qui, dans un élan de bon cœur effacaient toutes les frontières. Mais c’était, comment dire, un souhait, l’expression d’une espérance, et ce n’est pas par hasard que l’espérance se trouve dans le titre du film. Quelque chose enfin qui concluait de juste façon la longue émotion du film". Le désaccord entre les deux hommes ne les empêchera pas de collaborer à nouveau ensemble dans «La città si difende / Traquée dans la ville» (1951) et «Il brigante di Tacca del Lupo / La tanière des brigands» (1952) qui sera le tout dernier travail de Federico Fellini en tant que scénariste avant de se lancer dans la réalisation du film «I vitelloni / Les inutiles» (1953). Dans «Le chemin de l’espérance», les personnages qu’interprètent Elena Varzi et Raf Vallone tombent amoureux l’un de l’autre.
Pour l’anecdote, l'amour entre les deux comédiens était réel. Ils ont véritablement fait connaissance sur le plateau et se sont mariés à la fin du tournage. Elena Varzi avait été choisie au dernier moment pour remplacer l’actrice principale qui ne convenait pas aux yeux du réalisateur.
Depuis lors, leurs parcours sentimental et professionnel les a rendus inséparables. Ils ont tourné ensemble sept films, de 1950 à 1954, dont «Cristo proibito / le Christ interdit» (1951), l’unique film du très controversé Curzio Malaparte Le film remporta l'Ours d’argent Près de 400 000 spectateurs français ont vu «Le chemin de l’espérance» qui sortit dans nos salles obscures en février 1952. Sources : Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. |







