IL FERROVIERE

(le Disque Rouge)

de Pietro Germi - Italie, 1955

LA PETITE HISTOIRE

afficheLa carrière cinématographique de Pietro Germi, qui est issu d’une famille génoise dont le père travaillait dans le milieu hôtelier, se divise en deux parties. La période des années 50 consacrée au réalisme social, principal courant qui était en vogue dans la péninsule, puis une deuxième période celle des années 60 portée sur la satire sociale et la comédie de mœurs donnant des œuvres beaucoup plus connues du public comme «Divorce à l’italienne» (1961) et «Séduite et abandonnée » (1964). Mais malgré quelques récompenses, une reconnaissance internationale et une carrière étalée sur trois décennies qui enrichissent le patrimoine italien, ce réalisateur reste tout de même injustement méconnu du public.

En 1956, Pietro Germi n’avait plus tourné depuis 3 ans et ne trouvait plus d’histoire intéressante à mettr een scène,A cette époque, il était aussi dans une situation financière difficile. Il se décida donc de contacter le scénariste Alfredo Giannetti qui finit par lui proposer un sujet captivant intitulé «Il treno» , rebaptisé plus tard «Il ferroviere». Mais c’est surtout pendant les repérages que le scénario prendra toute sa forme.

Pietro Germi: "Je me rappelle parfaitement comment l’idée du  film «Il ferroviere» vint à Giannetti et à moi ; Nous nous promenions, et alors que nous passions près d’une grande bâtisse habitée par une majorité de cheminots, nous vîmes passer et entrer dans l’immeuble un vieux cheminot aux cheveux gris, visiblement ivre, accompagné ou plus exactement guidé par un enfant. C’était la scène habituelle qui se jouait tous les soirs, me dit alors Giannetti, la mère envoyait le fils à l’auberge chercher son père trop ivre pour pouvoir rentrer seul à la maison. De cette brève rencontre, m’est resté un souvenir durable et une émotion profonde qui a continué pendant tout le film, depuis le découpage jusqu’au montage …"

Témoignage du scénariste Alfredo Giannetti: "Quand nous avons commencé à travailler «il ferroviere», je me rappelle une chose merveilleuse.Nous étions tous les deux sans un sou, et moi j’écrivais dans un bistrot fréquenté par des retraités des chemins de fer, juste à côté des bâtiments où habitaient des cheminots, et j’ai commencé à lire en y mettant le ton. Germi était accoudé à table, avec son cigare, il sirotait son vin. Et de temps en temps, je lui jetais un coup d’œil et je le trouvais avec les yeux humides si c’était un passage émouvant et me regardait entre ses doigts quand il se sentait observé … "

Le producteur du film, Carlo Ponti, voulait Spencer Tracy pour le rôle du patriarche mais Giannetti arriva à le convaincre que Tracy n’avait rien à voir avec un cheminot italien et qu’il ne serait jamais venu jouer dans un film sur les mœurs italiennes, et lui proposa donc à la place et malgré ses tics, Pietro Germi.

Le réalisateur pensait lui aussi que Spencer Tracy était tout à fait adapté pour le rôle principal, puis il eut aussi une pensée pour Paul Douglas, mais petit à petit, il se mit à étudier les moindres détails de son visage et des caractéristiques du personnage, pour se convaincre qu’il s’y adaptait. En projection, son visage lui faisait un drôle d’effet. Il ne se plaisait pas mais pensait que c’était peut être la même chose pour tout le monde. Pas très rassuré, il demande l’avis de ceux qui l’entourent. Le jugement des autres étant plutôt positif. Il faut rappeler que le réalisateur n’avait joué qu’un petit rôle de protagoniste en 1948 dans un film de Mario Soldati, «Fuga in Francia».

Pietro Germi: "Quand le film a été fini, j’étais quand même un peu perplexe ; à tel point qu’au moment du doublage, j’ai décidé que ma voix n’allait pas ; et je me suis fait doubler par un bon professionnel. Pour «L’uomo di paglia», je n’ai même pas eu ce scrupule et je parlerai avec ma voix, qui n’est peut-être pas très belle, et avec mon accent, qui n’est pas du tout académique … Je sens que je me suis entièrement donné à mon personnage."

En effet, pour sa doublure vocale, Germi fit appel à Gualtiero De Angelis qui est régulièrement la voix de James Stewart dans la péninsule. Un choix de luxe, donc.

Pietro Germi tourne donc l’année suivante, «L’uomo di paglia». Il y interprète un ouvrier d’une grande usine pour un drame social de la même veine que «il ferroviere». Il maintient la même équipe technique et s’entoure de nouveau des mêmes acteurs pour les premiers rôles: Le petit Edoardo Nevola (encore son fils), Luisa Della Noce (encore son épouse), et bien sûr l’inséparable et indispensable Saro Urzi, qui totalisera pas moins de 9 films sous sa direction.

Témoignage de Mario Monicelli à propos de Saro Urzi: "Avec Pietro Germi, Urzi devient un acteur extraordinaire, mais avec moi je ne crois pas, si c’est moi qui le dirige, ce ne sera pas la même chose."

Le film est récompensé du ruban d’argent de la meilleure réalisation.

En France «Il ferroviere» sortit, en version originale, dans quelques salles dites spécialisées. Bien heureux à tous ceux qui on pu le découvrir sur grand écran.

Fernand Cabrelli, septembre 2007

 

 

dossier de presse

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(Ed.4.5.1: 13-8-2008)

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