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HOW GREEN WAS MY VALLEY

(Qu'elle était verte ma vallée)

de John Ford - U.S.A., 1941

présentation presse projection  
La petite histoire

Le producteur Darryl F.Zanuck avait initialement prévu William Wyler pour réaliser Qu’elle était verte ma vallée d’après un roman de l’écrivain anglais Richard Llewellyn. Le réalisateur commença à faire des repérages dans le pays de Galles, contacta Laurence Olivier, Katherine Hepburn, Alexander Knox et Tyrone Power prévus dans son casting et élabora un scénario que Zanuck trouva trop compliqué et qui ne se concentrait pas suffisamment sur les personnages. De plus le réalisateur était connu pour dépasser largement les temps de tournage et n’avait donc pas une grosse réputation auprès des financiers qui le jugeaient trop coûteux.

Le producteur Zanuck qui tenait absolument à son projet trouva la parade en faisant remplacer Wyler par John Ford plus adapté pour porter à bien son film sur le genre de la chronique sociale et familiale et qui venait d’être récompensé pour un film du même genre «Les raisins de la colère» tourné l’année précédente.

Avec un contrat mirobolant de 100 000 dollars en poche, John Ford réunit toute sa troupe et débuta le tournage en juillet 41 pour ce film dont le scénario avait curieusement quelques similitudes avec sa propre enfance. Ainsi, la scène où l’enfant tombe malade et se réfugie dans les livres lui rappelle ses lectures quand il était lui-même atteint de diphtérie pendant son enfance.

Le projet de tournage dans les terres galloises fut abandonné à cause des bombardements incessants de la «Lutwaffe » pendant la bataille d’Angleterre lors de la seconde guerre mondiale.

Pour les besoins du film, le village typiquement gallois fut construit dans les montagnes de Santa Monica en Californie.

Ford déclara des années plus tard qu’il confia le rôle de la mère Morgan à Sara Allgood car elle lui rappelait sa mère, Abby Feeney: « Elle ressemblait à ma mère et je l’ai fait jouer comme ma mère »

Témoignage de Roddy McDowall , à propos de John Ford: « Quand il le voulait, c’était un vrai magicien. Je ne me souviens pas avoir été dirigé et c’est le meilleur compliment que l’on puisse faire à un metteur en scène. C’est le film le plus rapidement tourné que j’aie jamais fait »

En effet, huit semaines ont suffit au réalisateur pour terminer le tournage du film, sans que ce fut au détriment de ses qualités visuelles et narratives.

Déclaration de l’actrice Anna Lee au sujet de son réalisateur:

« J’aurais préféré faire partie de la troupe de Ford qu’être une star. Chez lui, on ne devenait pas star, mais on était content du travail que l’on faisait, c’était un homme merveilleux, je l’adorais »

Le photographe Arthur Miller gagna l’Oscar de la meilleure image pour sa cinquiéme et dernière association avec John Ford. Il a fait équipe avec le réalisateur cette même année pour le film  «La route au tabac» (1941). A la caméra, dans une carrière commencée en 1922 et terminée en 1951, on retiendra de lui des œuvres comme «L’étrange incident» (1943) de William Wellman, Le chant de Bernadette (1943) de Henry King, «Le château du dragon» de Joseph Mankiewicz...

A noter les débuts du prometteur Joseph La Shelle, assistant opérateur pour ce film et qui trois ans plus tard recevra l’Oscar de la meilleure image pour le film «Laura» (1944) d’Otto Preminger.

    Le film remporta aussi:

  • L’Oscar des meilleurs décors
  • L’Oscar du meilleur acteur de second rôle pour Donald Crisp dans le rôle du patriarche Morgan.
  • L’Oscar du meilleur Film qui était en balance cette année là avec le cultissime Citizen Kane d’Orson Welles.
  • John Ford rafle la mise avec l’Oscar de la meilleure réalisation.

«Qu’elle était verte ma vallée» sortit dans les salles obscures de France en Juillet 1946 avec un peu plus de 3 000 000 entrées et frôla de peu le top 20.

« Si cela ne tenait qu’à moi, tous les matins, je serais derrière la caméra à neuf heures et j’attendrais que les gars mettent les appareils en route, parce que c’est la seule chose que j’aime vraiment faire. » 

John Ford

Sources : Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Fernand Cabrelli, avril 2007
Ed.5.2.1 : 29-6-2010