L'ENCINEMATHEQUE

Encyclopédie du cinéma des origines à nos jours

HOW GREEN WAS MY VALLEY

Dans cette salle…

Gwilyn Morgan et ses fils, à l'exception du jeune Huw, travaillent à la mine.

A la suite d'une diminution des salaires, les fils parlent de former un syndicat. Le père les blâme, mais deux d'entre eux quittent la maison.

Les mineurs se mettent en grève malgrè l'hostilité de Morgan. La misère s'installe. Mrs.Morgan et Huw se rendent à une réunion de mineurs pour défendre la position de Gwilyn. Au retour, pris dans une tempête de neige, il tombent dans une mare d'eau glacée…

«Qu'elle était verte ma vallée», de John Ford (U.S.A., 1941)

Walter Pidgeon
Maureen O'Hara
Donald Crisp
Anna Lee
Roddy McDowall
Sara Allgood
Patric Knowles
Marten Lamont
James Monks
Ethel Griffies
Walter Pidgeon
Maureen O'Hara
Donald Crisp
Anna Lee
Roddy McDowall
Sara Allgood
Patric Knowles
Marten Lamont
James Monks
Ethel Griffies

la petite histoire…

afficheaffiche originale

Le producteur Darryl F.Zanuck avait initialement prévu William Wyler pour réaliser «Qu’elle était verte ma vallée» d’après un roman de l’écrivain anglais Richard Llewellyn. Le réalisateur commença à faire des repérages dans le pays de Galles, contacta Laurence Olivier, Katherine Hepburn, Alexander Knox et Tyrone Power prévus dans son casting et élabora un scénario que Zanuck trouva trop compliqué et qui ne se concentrait pas suffisamment sur les personnages. De plus, il était connu pour dépasser largement les temps de tournage et n’avait donc pas une grosse côte auprès des financiers qui le jugeaient trop coûteux.

Zanuck, qui tenait absolument à voir son projet aboutir, trouva la parade en faisant remplacer Wyler par John Ford plus adapté pour porter à bien son film sur le genre de la chronique sociale et familiale et qui venait d’être récompensé pour un film du même genre «Les raisins de la colère» tourné l’année précédente.

Avec un contrat mirobolant de 100 000 dollars en poche, John Ford réunit toute sa troupe et débuta le tournage en juillet 41 pour ce film dont le scénario avait curieusement quelques similitudes avec sa propre enfance. Ainsi, la scène où l’enfant tombe malade et se réfugie dans les livres lui rappelle ses lectures quand il fut lui-même atteint de diphtérie.

Le projet de tourner dans les terres galloises fut abandonné à cause des bombardements incessants de la Lutwaffe pendant la bataille d’Angleterre en ces temps de Seconde Guerre Mondiale.

Pour les besoins du film, le village typiquement gallois fut construit dans les montagnes de Santa Monica en Californie.

Ford déclara des années plus tard qu’il confia le rôle de la mère Morgan à Sara Allgood car elle lui rappelait sa mère, Abby Feeney : "Elle ressemblait à ma mère et je l’ai fait jouer comme ma mère".

Témoignage de Roddy McDowall , à propos de John Ford : "Quand il le voulait, c’était un vrai magicien. Je ne me souviens pas avoir été dirigé et c’est le meilleur compliment que l’on puisse faire à un metteur en scène. C’est le film le plus rapidement tourné que j’aie jamais fait".

En effet, huit semaines ont suffi au réalisateur pour terminer le tournage du film, sans que ce fut au détriment de ses qualités visuelles et narratives.

De son côté, l’actrice Anna Lee, qui interprèta le rôle de Bronwyn Morgan mère, déclara au sujet de Ford : "J’aurais préféré faire partie de la troupe de Ford qu’être une star. Chez lui, on ne devenait pas star, mais on était content du travail que l’on faisait, c’était un homme merveilleux, je l’adorais".


afficheEmouvante Maureen O'Hara…

Le photographe Arthur Miller gagna l’Oscar de la meilleure photographie pour sa cinquième et dernière association avec John Ford. Il a fait équipe avec le réalisateur cette même année pour le film «La route au tabac» (1941). A la caméra, dans une carrière commencée en 1922 et terminée en 1951, on retiendra de lui sa participation à des œuvres comme «L’étrange incident» (1943) de William Wellman, «Le chant de Bernadette» (1943) de Henry King, «Le château du dragon» de Joseph Mankiewicz.

Mentionnons également les débuts du prometteur Joseph La Shelle, assistant opérateur pour ce film et qui, trois ans plus tard, recevra l’oscar de la meilleure prises de vues pour le film d’Otto Preminger, «Laura» (1944).

Le film fut également récompensé par l’oscar des meilleurs décors, l’oscar du meilleur acteur de second rôle pour Donald Crisp dans le rôle du patriarche et l’oscar du meilleur film qui était en balance cette année là avec le cultissime «Citizen Kane» d’Orson Welles.Pour ne pas être en reste, John Ford fut le récipiendaire de l’oscar de la meilleure réalisation.

En France, «Qu’elle était verte ma vallée» sortit dans les salles obscures en Juillet 1946, où il attira un peu plus de 3 000 000 entrées et frôla de peu le top 20.

Laissons le dernier mot à John Ford, infatigable travailleur :

"Si cela ne tenait qu’à moi, tous les matins, je serais derrière la caméra à neuf heures et j’attendrais que les gars mettent les appareils en route, parce que c’est la seule chose que j’aime vraiment faire".

Fernand Cabrelli (avril 2007)

Sources : documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ed.7.1.1 : 23-9-2016