LA PETITE HISTOIRE
Petit retour en arrière … Pendant cette triste période d’après guerre des films comme La majeure partie des pionniers du cinéma soviétique des années 20 furent contraints à l’inactivité: En 1952, au congrès du parti fut ordonné un accroissement de la production cinématographique en autorisant des scénarios centrés sur des gens communs tout en gardant l’esprit patriotique du parti communiste. Le dernier film de Poudovkine Kroutchev au pouvoir, c’est la période du dégel, le cinéma soviétique peut s’affirmer complètement. «Letiat jouravly/Quand passent les cigognes» (1957) de Mikhail Kalatozov est le parfait exemple de politique enrichissante. Vers la fin de la décennie, d’autres films représenteront cette tendance d'un nouvel humanitarisme, comme les premieres oeuvres de Beaucoup d’œuvres de différents réalisateurs furent redécouvertes et les nouveaux films gagnèrent en notoriété. Dans le film «Quand passent les cigognes», ce sont en fait des grues qui volent dans le ciel de Moscou, annonçant le printemps. En effet, comme le mot “grue” avait une signification péjorative chez nous, la distribution française remplaça ce mot fort justement par “cigognes”. Par contre, il est intéressant de signaler que le titre original italien est calqué sur le modèle français. Certains critiques transalpins se font le malin plaisir de traiter leur distributeur de l'époque d’ignorant ! Témoignages de l’acteur Alexei Batalov au sujet du film..."Mon cousin est mort à la guerre, après avoir falsifié ses papiers pour pouvoir s’engager en tant que volontaire, comme dans le pire des mélos soviétiques. Pour moi c’est un être réel et une perte réelle. Aussi ce rôle pour interpréter Boris reste restreint, le film parlant de bien autre chose, de l’amour d’une femme et de sa destinée. Reste que pour moi, chacune des images est une petite part de ce que j’ai pu vivre moi-même, que ce soit durant l’évacuation, que ce soit quelque part ailleurs, beaucoup plus loin. Mais c’est ce temps là, réel, et ce sont ces gens, réels. Dans toute la mesure du possible moi-même et tous ceux qui jouaient, nous tâchions malgré tout,comme nous le pouvions à rendre hommage aux combattants." Le directeur de la photographie
«Après toutes ces années, c’est pour moi un grand honneur de voir que notre film vit toujours. Il reparaît en tout cas sur les écrans. Les gens n’oublient pas. Et le principal, même pas pour moi, bien que ce soit ma vie, chose qui à la fois m’étonne et me réjouit, c’est que dans la masse des films qui ont été faits sur la guerre, les gens ont choisi avec leur cœur, les cigognes» (Alexei Batalov). Fernand Cabrelli, mars 2007 |

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(Ed.4.5.1: 12-8-2008)