SUNRISE: A SONG OF TWO HUMANS
(l'Aurore)
de Friedrich Wilhelm Murnau - U.S.A., 1927
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La petite histoireC’est en regardant «Le dernier des hommes» que le producteur William Fox Murnau eut le privilège d’avoir une totale liberté pour la réalisation de son film, se permettant des dépenses supplémentaires en remaniant plusieurs scènes jusqu'à atteindre la perfection. Il fit rapatrier d’Allemagne une bonne partie de son équipe technique habituelle, dont Rochus Gliese, le célèbre chef décorateur, et Karl Struss Gliese conçut l’imposant décor urbain à Fox Hills et celle d’un village au bord du lac Arrowhead, dans une zone boisée montagneuse pas très loin d’Hollywood. Carl Mayer «L’Aurore» fut le premier long métrage de la Fox qui utilisa une colonne sonore enregistrée avec le systeme Movie Tone. «Le chanteur de jazz» (1927), le premier film sonore de la Warner Bros, utilisa un autre procédé nommé “Vitaphone”. «The Broadway Melody» (1929), premier film musical de l’histoire du sonore de la MGM, utilisa le procédé Western Electric. Le rôle principal fut réservé à George O’Brien, à la Fox depuis déjà plusieurs années. On retiendra de cet acteur «The Iron Horse» (1924) et «Three bad men» (1926), tous deux de John Ford qui avait fait de lui son nouvel héros “westernien” après l’acteur Harry Carey. Avec le parlant, il sera cantonné dans des séries Z avant d’être repris, toujours par Ford, après la deuxième guerre mondiale pour un rôle secondaire dans «Fort Apache» (1948). Pour le rôle de l’épouse, Murnau voulait Camilla Horn avec qui il avait déjà travaillé en Allemagne dans «Faust». Mais l'actrice était sous contrat avec le studio allemand de la UFA, dont les dirigeants refusèrent de la prêter. texte3 La Fox décida de distribuer Janet Gaynor comme vedette féminine de «l'Aurore» afin de promouvoir par la suite «L’heure suprême» de Frank Borzage qui se retrouvera directement en concurrence avec le film de Murnau. Le tournage de «l'Aurore» devint prioritaire et s’acheva le 20 janvier 1927, celui de «L’heure suprême» commença le 24 janvier dans le même décor que celui de Murnau. A l’arrivé, la Fox fit marche arrière et décida de sortir le film de Borzage bien avant celui de Murnau. Les scènes comiques du coiffeur (Ralph Sipperly) avec la femme manucure (Jane Winton) ainsi que celle du photographe (J. Farrel MacDonald) furent rajoutées pendant le tournage à la demande du producteur. William Conselman en était le consultant. Une fin heureuse fut ajoutée trahissant quelque peu la nouvelle de Sudermann pour des exigences commerciales imposées par la production. «l'Aurore» coûta à la Fox la bagatelle de deux millions de dollars c’est-à-dire plus coûteux que «Gloria» de Raoul Walsh, oeuvre produite par la Fox l’année précédente. Murnau recevait une compensation de 5000 dollars par semaine pour diriger le film. Malgré la reconnaissance unanime des critiques, le film fut un échec commercial. Les sanctions se firent immédiatement sentir pour la réalisation de deux autres films suivants, «Fours Devils» et «City girl», amenant le maître à entrer en conflit avec sa maison de production. Ces films furent terminés par deux de ses collaborateurs. Le 6 février 2004, le “British Film Institute” fit sortir en Angleterre une copie restaurée de «l'Aurore» qui se basait sur une version dégradée de 1936 car, malheureusement, le négatif original du film fut brûlé avec plusieurs autres films muets dans le terrible incendie du 9 juillet 1937 aux archives de la Fox, à Little Ferry, dans le New-Jersey. En 1939, un remake de «l'Aurore» fut réalisé en Allemagne par Veit Harlan En 1929, Janet Gaynor fut récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans «l'Aurore», «L’heure suprême» et également «L’Ange de la Rue», tourné en 1928 par Frank Borzage. «L’aurore» fut récompensé par deux autres Oscars, celui du meilleur film artistique et celui de la meilleure image pour Charles Rosher En 2002, le classement des critiques de l’éditorial "Sligh & sound magazine", assigna à«l'Aurore» la septième place parmi les dix meilleurs films de tous les temps.
Sources : Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. |











