QUAI DES ORFEVRES
de Henri-Georges Clouzot
France, 1934
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La petite histoire«Quai des Orfèvres» s'annonce comme une reprise d'activité pour son réalisateur Henri-Georges Clouzot, qui sort d'une mise à pied décidée par le Comité de libération du cinéma français, lui reprochant d'avoir servi la compagnie Continental sous la botte allemande et d' avoir réalisé «Le Corbeau», qualifié d’œuvre de propagande anti-française. L'année précédant le tournage de «Quai des orfèvres», Clouzot demande la levée de la sanction, qui lui paraît injuste. Quelques personnalités de renom, comme Jean-Paul Sartre, Albert Camus Au départ, Clouzot prévoyait de réaliser «Chambre obscure» d'après Nabokov, aidé par son scénariste Jean-Paul Sartre. Michel Simon, Paul Bernard et Inès Arnaud ( qui sera son épouse quelques années plus tard) étaient prévus dans la distribution. Jugé trop noir par les producteurs, le projet fut abandonné. Le choix du metteur en scène se porte alors sur «Légitime défense» qui aura pour titre de tournage «Joyeux Noël» avant d'être rebaptisé lors de sa sortie «Quai des orfèvres», d'après le roman du Belge Stanislas-André Steeman. En fait Clouzot s'inspire seulement de l'œuvre, n'ayant pas le livre sous la main: «J'ai toujours envie de tirer un roman des films que Clouzot tire de mes romans» déclarera Steeman qui était déjà l'auteur de «L'assassin habite au 21», déjà adapté pour l'écran par Clouzot en 1942. Le décorateur Max Douy Le comédien Louis Jouvet décrit ainsi Clouzot : «Ce qui domine surtout chez Clouzot, metteur en scène, c'est la lucidité. Il explique la scène que l'on va tourner avec une clarté extraordinaire. C'est comme s'il la projetait devant vous sur un écran avant même qu'elle soit enregistrée. Il a en outre, le don de supprimer complètement la technique dans ses explications. Quand il indique une scène, on ne voit plus l'appareil, ni les lumières, ni le microphone : tout a disparu»... « Sa maîtrise de metteur en scène est complète, il est sûr de lui et il voit juste. Mais je crois qu'il est en grande difficulté avec lui-même. Il est aussi l'auteur, ne l'oublions pas.» Charles Dullin, (recommandé par Jouvet pour le rôle de Brignon), grand acteur de théâtre faisait ici sa dernière apparition au cinéma. A l'ouverture de la quinzaine française à Stockholm en octobre 47, Suzy Delair (qui fut quelques années la compagne de Clouzot) présente «Quai des Orfèvres» devant la famille royale. Projeté au festival de Venise, le film y reçut le prix de la meilleure mise en scène. Il sortit en France en octobre 47 prenant la cinquième place du box office avec 5 500 000 entrées. Sources : Documents personnels, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. |







