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Ingmar BERGMAN (1918 / 2007)

photographie

Ingmar Bergman fut, avec Federico Fellini et Luis Bunuel, l'un des grands maîtres européens qui surent imposer un cinéma "culturel" face aux réalisations "industrielles" d'outre-Atlantique.

Réunissant autour de lui une véritable famille de techniciens, d'acteurs, et surtout d'actrices - dont un bon nombre partagèrent sa vie - il s'attacha essentiellement à décrire les relations complexes de ses personnages, s'imposant peu à peu comme le "cinéaste du couple", au même titre que Cukor le fut "de la femme".

Cette réputation réductrice ne doit pas nous faire oublier l'aura inernationale qui entoura le réalisateur jusqu'à la fin de sa carrière. Cinéaste "statufié", il appartient à une "race" dont on a du mal à discerner aujourd'hui la plus petite trace de descendance dans la jungle du cinéma "moderne". «The Game is Over" …

R18 - Ingmar Bergman, magicien du théâtre et du cinéma suédois …

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"Le théâtre, c'est mon épouse" …

Né le 14-7-1918, à Uppsala, Suède, Ingmar Bergman est le fils d'un pasteur luthérien, qui lui inculque une éducation religieuse rigoureuse. En 1920, la famille Bergman s'installe à Stockholm.

Vers l'âge de dix ans, le jeune enfant reçoit en cadeau de son père un projecteur de cinéma. Deux années plus tard, il a l'occasion de visiter les tudios de la Sven Filmindustri, une compagnie qui règnera longtemps sur la production cinématographique nationale.

Très tôt attiré par l'univers du spectacle, il imagine, avec sa soeur, des spectacles de marionnettes.

Diplômé de l'Université de Stockholm, le jeune homme met brutalement fin à ses études, rompt avec sa famille pour se consacrer à sa passion, le théâtre. Dès 1938, il met en scène, pour une compagnie amateur, le 'Mäster-Olofsgården', des pièces de Sutton Vane («Till Främmande Hamm», 1938), August Strindberg («Lycko-Pers Resa», 1939, et qu'il considère comme son maître à écrire), William Shakespeare ("Macbeth", 1940) …

En 1942, le voici directeur du Théâtre national de Suède. Parallèlement, il est l'auteur de plusieurs pièces: «Kaspers Död» (1942), «Jack Hos Skadespelarna» (1946), etc.

A 26 ans, plus jeune metteur en scène de théâtre en Europe, il prend en charge le Théatre d'Helsinborg.

En 1944, le réalisateur suédois Alf Sjöberg met en scène «Tourments», sur un scénario d'Ingmar Bergman. Le jeune homme a rencontré l'univers qui sera le sien pendant plus de soixante ans.

"Le cinéma, c'est ma maîtresse" …

Dès le milieu des années quarante, Ingmar Bergman est engagé comme scénariste par la Svensk Filmindustri. En 1944, le voici scénariste et assistant réalisateur sur le film «Hets (Tourments)», déjà cité. L'année suivante, il met en scène son premier film, «Krisis/Crise») qui se révèle un échec total.

Son premier succès national lui vient en 1947, avec «Musik I Mörker (Musique dans les Ténèbres)», tandis que sa renommée franchit les frontières en 1950, grâce à «Sommarlek (Jeux d'Eté)», avec Maj-Britt Nilsson.

Pendant plusieurs film, le réalisateur va explorer les rapports hommes-femmes dans toute une série de films qui vont contribuer à asseoir sa réputation de metteur en scène du couple, et surtout des femmes: «Kvinnors Väntan (l'Attente des Femmes)» (1952), «Monika» (1953), «En Lektion I Kärlek (Une Leçon d'Amour)» (1954), «Kvinnodröm (Rêves de Femmes)» (1955), et enfin «Sommarnattens (Sourires d'une Nuit d'Eté)», présenté au Festival de Cannes 1956.

La famille artistique de Bergman se met en place: Harriet Andersson, Eva Dählbeck, Ulla Jacobsson, Bibi Andersson, Ingrid Thulin, Gunnar Björnstrand, Max Von Sydow, Erland Josephson, le preneur de vues Sven Nykvist,  et même le grand réalisateur suédois Victor Sjöstrom, qu'il dirigea avec admiration et fermeté pendant le tournage de «Smultronstallet (les Fraises Sauvages)» (1958).

Premiers succès internationaux …

En 1957, Bergman réalise un élément des plus importants de ce que l'on est aujourd'hui en droit d'appeler - au grand dam de son auteur - une oeuvre, «Le Septième Sceau», dont le personnage principal n'est autre que ... La Mort .

En 1958, le déjà cité «Les Fraises Sauvages» lui permet de remporter l'Ours d'Or du Festival de Berlin. Tout en travaillant pour le Théâtre National de Stockholm, dont il sera le directeur entre 1963 et 1966, le jeune maître reçoit en 1961 son premier Oscar hollywoodien du meilleur film étranger pour «Jungfrukällan (La Source)», réalisé en 1959 et présenté en Suède l'année suivante. En 1962, nouvel Oscar, dans la même catégorie, pour «Säsom i en Spegel (A Travers le Miroir)».

En une douzaine d'années, Ingmar Bergman est devenu une pièce incontournable de l'histoire du cinéma mondial, l'égal de l'italien Federico Fellini ou de l'Espagnol Luis Bunuel.

La plénitude …

Au milieu des années soixante, le réalisateur fait la rencontre - professionnelle et amoureuse - d'une nouvelle actrice de talent, Liv Ullman. Outre une fille, Lynn Ullmann, les fruits de cette union s'appelleront «Personna» (1966), «Vargt Immen (l'Heure du Loup)» (1967), «Skammen (la Honte)» (1968), «En Passion (une Passion)» (1969) et le terrible et merveilleux «Viskingar Och Rop (Cris et Chuchotements)».

En 1976, arrêté pour fraude fiscale, le réalisateur quitte son pays et s'installe à Munich, où il mène désormais ses activités théâtrales et cinématographiques («the Serpent's Egg/l'Oeuf du Serpent» qui me paraît moins réussi).

En 1978, Ingmar Bergman met en scène sa prestigieuse homonyme, Ingrid Bergman, dans ce qui sera le dernier (et plus beau?) film de l'actrice, «Hostsonaten (Sonate d'Automne)».

En 1979, dans un documentaire cinématographique, «Färo dokument», il nous présente son île de Faro, sur laquelle il avait produit plusieurs de ses films.

«Fanny et Alexandre», tourné en 1982, lui vaut un 3° Oscar du meilleur film étranger (1983). Le réalisateur déclare vouloir laisser la place aux jeunes auteurs  et se consacrer à la télévision (ce qu'il fera jusqu'en 1992) et au théâtre (jusqu'en 2003). Mais les producteurs en ont décidé autrement, qui distribuèrent en salles «Efter Repetitionen (Après la Répétition)», une oeuvre tournée pour le petit écran. La même "mésaventure" se produit pour «Saraband», film de télévision diffusé dans les salles françaises en décembre 2004.

Le nom de Bergman réapparaîtra néanmoins sur les toiles blanches à l'occasion des derniers scénarii qu'il écrivit («Den Goda Viljan/Les Meilleures Intentions», de Bille August, 1992, dans lequel il raconte la jeunesse de ses parents, et «Sondagsbarn» (1992), réalisé par son fils Daniel Bergman (né de son premier mariage avec la pianiste Kabi Laretei).

Le réalisateur est décédé le 30-7-2007, dans son île de Faro, en Suède, à l'âge de 89 ans.

Documents

Sources: Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Ingmar Bergman : "Je ne crois pas à l'inspiration. Je pense que l'inspiration est une idée romantique, l'idée que les choses viennent de Dieu. Je crois en l'application."

© Christian Grenier, décembre 2004

(Ed.5.2.2 : 25-9-2010)