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William WELLMAN (1896 / 1975)

William Wellman

Rien ne destinait William Augustus Wellman à devenir réalisateur. Ses premières dispositions eurent dues plus sûrement l'amener à devenir pilote de ligne !

Mais lorsqu'on a l'avantage de se faire remarquer par le grand Douglas Fairbanks, ne fut-ce que pour ses qualités sportives, est-t-on réellement maître de son avenir ?

C'est ainsi que, croisant le plaisir avec le travail, il mit en scène un film sur l'aviation, «Wings», (1927) qui lui valut son premier succès, avant de se tourner vers les films de genre (guerre et western notamment).

Réputé de caractère difficile, "viré" de la plupart des studios, l'homme traversa la jungle hollywoodienne sans rien entamer de sa rigueur morale et de ses convictions. Lorsque l'évolution du septième art ne lui convint plus, en 1958, il se retira définitivement du cinéma, un monde dans lequel on n'entendit plus parler de lui.

R17 - “Wild Bill” Wellman …

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Avant Hollywood …

William Augustus Wellman est né le 29-2-1896, à Brookline, ville du Massachusets qui devait s'enorgueillir quelques années plus tard de la naissance du président John Fitzgerald Kennedy.

Enfant, il est tôt renvoyé de son école pour délinquance. Par la suite, il envisage de devenir joueur professionnel de hockey sur glace. Mais, entre-temps, il a pu assister aux prouesses d'un as de l'aviation, Earl Overton, qui a fait naître en lui le désir de piloter des aéroplanes.

En 1914, à la déclaration de la Première Guerre Mondiale, William Wellman s'engage dans la Légion Étrangère de France où il sert dans le corps des ambulanciers.

En 1917, à l'entrée en guerre des États-Unis, il prend du service dans la fameuse Escadrille Lafayette. Son engagement dans les combats lui vaut le surnom de “Wild Bill”. Sérieusement blessé, réformé, il est rendu à la vie civile.

Bill joue alors pendant quelque temps les cascadeurs aériens. Appelé par Douglas Fairbanks qui l'a remarqué à l'époque où il était hockeyeur, il rejoint le grand acteur, atterrissant pour l'occasion dans la propriété du couple hollywoodien, et s'installe en Californie. La légende soutiendra cette rencontre fortuite, due à un atterrissage forcé du pilote acrobate. On eut aimé que ce fut vrai !

Premières réalisations …

Grâce à l'aide de Fairbanks, Wellman débute comme acteur dans «Knickerbocker Buccaro», aux côtés de son mentor.

Mais le métier d'interprète ne lui convient guerre et le voici garçon de courses pour les studios Goldwyn, avec, derrière la tête, l'idée de devenir réalisateur.

En 1920, sans être crédité au générique, il aurait co-réalisé un film attribué officiellement à Scott R.Dunlap, «The Twins of Suffering Creek». Plus avérés sont ses véritables débuts derrière la caméra, en 1923, pour «The Man Who Won», un western avec Dustin Farnum.

Dans les années 1923 et 1924, il réalise plusieurs bandes, aujourd'hui souvent disparues, interprétées par l'acteur-cow boy Buck JonesBuck Jones.

En 1927, Wellman saisit sa chance. La Paramount, compagnie pour laquelle désormais il opère, lui confie, après quelques hésitations, la réalisation d'un film consacré aux as de la Première Guerre Mondiale, considérant son expérience en la matière comme un gage de réussite. Bingo ! L'œuvre, «Wings»,  remporte l'oscar du meilleur film.

A l'aube des années 30, il tourne un nombre conséquent de films avec Barbara Stanwyck comme vedette principale : «Night Nurse» (1931), «So Big !» (1932), «Purchase Price» (1932), …

Audacieux, «Safe in Hell» (1931) et «Midnight Mary» (1933) contiennent quelques irrévérences qu'un Code Hays encore permissif oublia de condamner.

Sur la Terre comme au Ciel …

Les films de guerre, que ce soit sur Terre ou dans les airs, tiendront une place importante dans la carrière de l'un des plus prolifiques des grands réalisateurs américains.

A plusieurs reprises, son expérience de pilote, qui lui a valu de tourner «Wings», le fera choisir dans des chantiers du même genre. Son film suivant, «Legion of the Condemned/Les pilotes de la mort»" (1928, avec Gary Cooper et Fay Wray), traite déjà le même sujet. En 1930, entre «The Dawn patrol» de Howard Hawks et «Hell's Angels» de Howard Hughes, il place Jean Arthur à la tête des «Young Eagles».

En 1942, «Thunder Birds» évoque les camps d'entraînement des jeunes pilotes.

Dans «Lafayette Escadrille», son avant-dernier film (1958), il emprunte de nombreux éléments à son expérience militaire, tout autant qu'à sa vie privée. En marge, dans «Men with Wings/Les hommes volants» (1938), il filme des acrobaties aériennes, tandis que «The High and the Mighty/Écrit dans le ciel» (avec John Wayne, en 1954) nous narre une aventure aérienne.

Sur Terre, Wellman évoque la Première Guerre Mondiale dans «Heroes for Sale/Héros à vendre» (1933), un film très intéressant sur la lâcheté et le courage.

Mais ses oeuvres les plus essentielles, et son regard le plus profond sur la guerre, il l'évoque à travers de grands sujets puisés dans l'histoire du second conflit mondial: «The Story of G.I. Joe/Les forçats de la gloire» témoigne, dès 1945, de la dureté des combats qui viennent de se dérouler, et de la souffrance des soldats. Thèmes repris quelques années plus tard dans «Battleground/Bastogne» (1949), qui retrace les faits principaux de la bataille éponyme, et «Darby's Rangers/Les commandos passent à l'attaque» (1958), relatant de manière réaliste les terribles combats de la campagne d'Italie.

L'Ouest, le vrai …

Oublions les premiers films tournés avec Buck Jones, dont il n'est pas établi avec certitude qu'il furent tous des westerns.

En 1943, Wellman réalise «The Ox-Bow Incident/L'étrange incident», avec Dana Andrews et Henry Fonda, oeuvre dénonçant le lynchage et, indirectement, toute forme de jugement trop hâtif.

1944 est l'année de «Buffalo Bill», incarné par Joel McCrea, une biographie trop bien pensante pour être totalement honnête.

Deuxième grand western, «Yellow Sky/La ville abandonnée» (1948) réunit Gregory Peck, Anne Baxter et Richard Widmark dans un huis-clos à ciel ouvert, tout aussi étouffant que désertique.

Wellman est également l'auteur d'un western atypique et admirable, «Westward the Women/Convoi de femmes» (1950), dans lequel Robert Taylor accompagne un convoi de dames plus ou moins jeunes (et plus ou moins dames), en route vers l'Ouest et une vie nouvelle auprès d'hommes qu'elles ne connaissent pas encore.

«Au delà du Missouri» nous montre un Clark Gable en trappeur attachant auprès d'une épouse indienne, partagé entre deux civilisations.

Enfin, «Track of the Cat» (1954), une oeuvre esthétique qualifiée de western, ressemble davantage à un film d'aventures nordiques.

Échappant à ces deux genres, films de guerre et westerns, il faut relever, dans l'œuvre de Wild Bill W, une histoire de gangsters, «L'ennemi public» (1931), avec un James Cagney déjà méchant comme une teigne et une Jean Harlow encore blonde platine, un film “social”, «Wild Boys of the Road/Enfants abandonnés» (1933), ancré dans la crise économique des années trente, de bonnes bandes d'aventures, comme «L'appel de la forêt» (1935, toujours avec Clark Gable). Citons aussi «Beau Geste» (1936, avec Gary Cooper, Ray Milland et Robert Preston), ainsi que la première version de «Une étoile est née» (1937, Fredric March, Janet Gaynor et Adolphe Menjou).

Vie privée …

William Wellman se maria à quatre reprises. Sa première épouse fut l'actrice Helen Chadwick, qui apparut dans près de 80 films, entre 1916 et 1947.

Divorcé en 1931, il se maria encore à 2 reprises, avant de rencontrer la femme de sa vie et la mère de ses sept enfants (dont le futur acteur William Wellman JrWilliam Wellman Jr qu'il dirigea dans «Lafayette Escadrille»), Dorothy Coonan, une actrice qui fit quelques apparitions à l'écran.

En 1958, déçu par l'évolution du septième art, il décide de prendre sa retraite. Il décède le 9 décembre 1975, vaincu par la leucémie.

William Wellman n'eut pas la renommée d'un John FordJohn Ford ou d'un Howard Hawks, et c'est sans doute justifié. Mais, à mes yeux tout au moins, il a la valeur d'un Raoul Walsh.

Documents

Sources: Remericements à Patrick Schneckenburger, initiateur de ce dossier, et à qui je dois plusieurs documents illustrant cette page. Pour le reste, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Dialogue avec Fairbanks, auquel il a fait part de son aversion à devenir acteur : " …Mais que veux-tu faire alors ?". Pointant le metteur en scène Albert Parker du doigt: "Comme lui !" Complément

© Christian Grenier, octobre 2004
«Safe in Hell» (1931)
  • Un couple se marie dans une église, seul, sans témoins ni officiant
  • Dans une île étrangère aux Etats-Unis (dans lesquels est instaurée la prohibition), un barman propose une boisson alcoolique à l'héroïne. Celle-ci réplique : "Ah ! C'est vrai, nous sommes dans un pays libre, ici !"
  • Réfugiée dans un bouge, l'héroïne attise le désir de quelques voyous sevrés de femmes. L'un d'entre eux attrape une poule. Un autre l'interpelle : "Qu'allez-vous faire avec cette poule? Rien d'indécent, j'espère …"

 

«Midnight Mary» (1933)

Dialogue entre Franchot Tone et Loretta Young :

- Pourquoi ai-je pensé au sexe ?
- C'est l'animal en vous …
- Avez-vous des projets pour ce soir ?
- On pourrait faire une belote avec votre père …
- Je connais des jeux plus amusants. Pas vous ?

(Ed.6.3.1 : 14-8-2013)