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Tableau N°16 - De quatre acteurs autrichiens …

Friedrich Von LEDEBUR (1900 / 1986)

Friedrich Von Ledebur

… né avec le siècle

Friedrich Von Ledebur naquit le 3 juin 1900, à Nisco, en Galicie (province de l’ancienne Autriche-Hongrie aujourd’hui rattachée à la Pologne).

Descendant d’une grande lignée d’aristocrates, il se nomme véritablement - et entièrement - Friedrich Anton Maria Hubertus Bonifacius, Comte de Ledebur-Wicheln.

Il est le quatrième enfant d'une famille qui en compte 7. Tout comme ses 5 frères et sa sœur, il reçoit de ses parents, le comte Adolf Von Ledebur-Wicheln et la comtesse Marie née Resseguier une éducation complète tant sur le plan intellectuel que sportif ou artistique. L’équitation, plus particulièrement, fait partie du programme.

La Première guerre mondiale apporte à la famille sa part de tragédie personnelle : le fils aîné, Johan, est tué en 1918, un mois avant la fin des combats, alors que lui-même est déjà enrôlé dans l’armée autrichienne ; il n’a pourtant que 16 ans. Il finira officier de cavalerie.

Après ces années d’horreur, le jeune comte Friedrich s’envole pour les Etats-Unis. Nous n’avons que peu d’éléments sur ses activités outre atlantique pendant les années 20. Il garde sa nationalité autrichienne et fréquente le monde des artistes. Il rencontre ainsi Iris TreeIris Treedans 'Moby Dick', actrice, poétesse, modèle, classée dans les “excentriques”, qu’il l’épouse en 1927. De cette union naîtra le comte Christian en 1928. Parallèlement, il suit des cours d'art dramatique dans le but de devenir comédien. Le couple divorcera en 1955.

Il est vraisemblable qu'il resta aux Etats-Unis pendant le second conflit mondial : la guerre, il a déjà donné !

Son divorce prononcé, il se remarie avec la comtesse Alice Hoyons von Stichsenstein qui lui donnera un deuxième fils, le comte John-Frederick en 1956. Il aura le bonheur de connaître les premiers de ses nombreux petits enfants.

Friedrich Von Ledebur, devenu Frederic Ledebur lors de sa carrière américaine, décéda le jour de Noël 1986, à 86 ans, l'âge de son siècle.

Un acteur apprécié …

Il faut attendre 1945 pour voir enfin sur un grand écran ce comédien à la belle chevelure blanche, aux traits burinés comme les marins qu’il a plusieurs fois incarnés. Ses qualités de cavalier lui ouvrent les portes de plusieurs productions hollywoodiennes; il sera même conseiller équestre sur plusieurs de ses tournages. Très vite, les meilleurs réalisateurs apprécient ce véritable gentleman pour son talent sensible jusque dans de de tout petits rôles.
 
Ernst Lubitsch , dès 1945, pour «A Royal Scandal / Scandale à la cour» où il est l’un des nombreux généraux russes; Otto Preminger dans «Forever Amber / Ambre» (1947); Alfred Hitchcock dans «Notorious / Les enchaînés» (1948), dont les têtes d’affiche sont Cary Grant et Ingrid Bergman; Robert Siodmark dans «The Great Sinner / Passion fatale» (1949); Richard Brooks dans «Les frères Karamazov» (1958) où il devient un juge.

Il tournera 4 fois sous la direction de John HustonJohn Huston, dont le rôle du harponneur Queequeg dans l’adaptation cinématographique de la nouvelle de Herman Melville, «Moby Dick» (1956) . Ses traits anguleux et son corps tatoué pour l'occasion contribueront au succès de sa remarquable composition. On l’aura vu auparavant participer à «Moulin Rouge» (1952), maître d’hôtel de chez Maxime, avant de le retrouver dans «Freud» (1962), évocation du célèbre psychanaliste, et «Reflections in a Golden Eye / Reflets dans un oeil d'or » avec Liz Taylor et Marlon Brando.

Mettant en scène «Les boucaniers» (1958), Anthony Quinn lui confie le personnage du capitaine Bart où il croise Yul Brynner, Charlton Heston et Charles Boyer.

Dans les années 60, il retrouve SiodmakRobert Siodmak, figurant au générique de «Der Shatz der Azteken» (premier volet du film sorti chez nous en version condensé, «Les mercenaires du Rio Grande»), d’après une nouvelle de Karl May, où il incarnera un comte, ce qui ne lui posera aucun problème de composition. Par contre, il participera aux deux épisodes de la grande fresque «Der Kampf um Rom» (1968) du même réalisateur.

Terence Young aura également remarqué ce comédien racé et élancé (1,93 m !), élégant et viril. Il aimera travailler avec lui puisqu’on le retrouvera dans trois opus signés de ce même metteur en scène. Citons «L’arbre de Noël», où il incarne un gentleman cavalier, ami du petit Pascal condamné irrémédiablement par une leucémie.

N'omettons pas ces deux passages fugitifs dans l'univers de Federico FelliniFederico Fellini, «Juliette des esprits» (1965) et «Ginger et Fred» (1985, son dernier film).

Sa savoureuse interprétation d’Eric XIV, roi de Kurlande et père de la ravissante Koba (Marthe Keller), «La demoiselle d’Avignon», née de l’imagination du couple Louis Velle - Frédérique Hébrard, en fait un acteur très populaire dans le monde entier, même si l’on peut sourire à son français teinté d’un accent chaleureux. On apprendra qu’il aura été ravi de ce rôle et qu’il aura mis tout son cœur dans cette composition.

© Donatienne, janvier 2010
FILMOGRAPHIE ILLUSTREE

(Cliquez sur les millésimes encadrés pour voir les illustrations)

1945  1960  1975

1945 - A ROYAL SCANDAL(Scandale à la Cour), de Otto PREMINGER.
1946 - NOTORIOUS(les Enchaînés), de Alfred HITCHCOCK.
1947 - FOREVER AMBER(Ambre), de Otto PREMINGER.
1948 - MY GIRL TISA, de Elliott NUGENT.
1948 - MR.BLANDINGS BUILDS HIS DREAM HOUSE(Un Million Clés en Mains), de H.C.POTTER.
1949 - THE GREAT SINNER(Passion Fatale), de Robert SIODMAK.
1952 - MOULIN ROUGE, de John HUSTON.
1955 - ALEXANDER THE GREAT(Alexandre le Grand), de Robert ROSSEN.
1956 - MOBY DICK, de John HUSTON.
1957 - VOODOO ISLAND, de Reginald Le BORG.
1957 - THE MAN WHO TURNED TO STONE, de Laszlo KARDOS.
1957 - THE 27TH DAY, de William ASHER.
1958 - THE BROTHERS KARAMAZOV(les Frères Karamazov), de Richard BROOKS.
1958 - CRASH LANDING, de Fred F.SEARS.
1958 - FRÄULEIN, de Henry KOSTER.
1958 - ROOTS OF HEAVEN(les Racines du Ciel), de John HUSTON.
1958 - ENCHANTED ISLAND, de Alan DWAN.
1958 - THE BUCCANEER(les Boucaniers), de Anthony QUINN.
1960 - A BREATH OF SCANDAL(un Scandale à la Cour), de Michael CURTIZ.
1962 - BARABBA(Barrabas), de Richard FLEISCHER.
1962 - FREUD(Freud, passions secrètes), de John HUSTON.
1964 - THE FALL OF THE ROMAN EMPIRE(la Chute de l'Empire Romain), de Anthony MANN.
1964 - DER SCHUT(le Prince Noir), de Robert SIODMAK.
1965 - DER SCHATZ DER AZTEKEN(les Mercenaires du Rio Grande), de Robert SIODMAK.
1965 - GIULIETTA DEGLI SPIRITI(Juliette des Esprits), de Federico FELLINI.
1966 - THE BLUE MAX(le Crépuscule des Aigles), de John GUILLERMIN.
1966 - IL NATALE CHE QUASI NON FU, de Rossano BRAZZI.
1967 - REFLECTIONS IN A GOLDEN EYE(Reflets dans un Oeil d'Or), de John HUSTON.
1968 - DER KAMPF UM ROM I(Pour la Conquête de Rome, 1ere époque), de Robert SIODMAK.
1968 - DER KAMPF UM ROM II: der Verrat(Pour la Conquête de Rome, 2eme époque), de Robert SIODMAK.
1968 - OEDIPUS THE KING(le Ri Oedipe), de Philip SAVILLE.
1968 - MAYERLING, de Terence YOUNG.
1969 - L'ARBRE DE NOËL, de Terence YOUNG.
1972 - SLAUGHTERHOUSE FIVE(Abattoir 5), de George ROY HILL.
1972 - LUDWIG(Le Crépuscule des Dieux), de Luchino VISCONTI.A confirmer.
1975 - UN GENIO, DUE COMPARI , UN POLLO(Un Génie, Deux Associés et une Cloche), de Damiano DAMIANI.
1976 - POTATO FRITZ, de Peter SCHAMONI.
1977 - SORCERER/WAGES OF FEAR(le Convoi de la Peur), de William FRIEDKIN.
1977 - DIE STANDARTE, de Ottokar RUNZE.
1979 - SIDNEY SHELDON's BLOODLINE(Liés par le Sang), de Terence YOUNG.
1985 - GINGER & FRED, de Federico FELLINI.

(Images rassemblées par Donatienne et Christian Grenier)

(Ed.5.2.1 : 29-1-2011)