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Ainsi donc, Jeffrey Hunter était un beau gosse, et l'on sent bien à travers le récit que nous a concocté Donatienne qu'elle-même succomba, en son temps, au charme flamboyant de son regard d'azur ! Mais s'il n'avait été que cela, ni John Ford, ni Nicholas Ray ne se furent intéressés à lui. «La prisonnière du désert» ne s'en fut pas remise, tandis que «Le roi des rois» en eut gardé un charme plus latin ! Alors reconnaissons-lui le mérite d'avoir su faire rêver ces demoiselles de naguère, d'autant plus généreusement qu'il y a déjà quelque temps que nous sommes nous-mêmes rangés des voitures ! |
| biographie | photographies | filmographie | document | article | audio on/off |
Beau comme un prince … yankee !Né le 25 novembre 1926 , à New-Orléans en Louisiane, le futur Jeffrey s’appelle, pour l’état civil, Henry Herman Mckinnies Jr; mais, pour les siens, il sera Hank. Il n’a que 4 ans lorsque sa famille vient s’installer dans le Wisconsin. Fils unique, il sera un petit garçon heureux. Il grandit entre ses parents qu’il vénère véritablement. Et c’est là qu’il commence alors qu’il a tout juste 10 ans à appréhender le théâtre à l’école puis, grandissant, à la radio locale. C’est par ailleurs un homme très sportif, capitaine d’une équipe de football. La guerre éclate. Trop jeune pour y participer, il fera son temps d’armée dans l’US Navy, en 45-46. Au retour, il poursuit des études, notamment linguistiques, et fréquente la Northwestern University . Il participe à un spectacle étudiant où il se fait remarquer. En 1948, il apparaît pour la première fois sur les écrans, aux côtés de Charlton Heston La Century Fox lui fait alors passer des tests et lui propose un contrat. Il fait alors ses véritablesses débuts cinématographiques dans «Fourteen Hours» (1951) de Henry Hathaway aux côtés de Debra Paget . |
Un acteur fordien …Jeffrey Hunter était vraiment très beau ! Trop beau peut-être, et cela lui aura joué des tours. Magnifique athlète, il est à l’époque la vedette des magazines qui le montrent en maillot de bain, comme s’il s’agissait d’un mannequin. Aussi, les producteurs et les réalisateurs hésitent à lui confier des rôles de caractère, le cantonnant dans des personnages mi-dieux, muets de préférence. Joan Mac Trevor, journaliste, parle de lui et avoue n’avoir jamais rencontré un homme aussi beau ! Elle nous apprend par la même occasion que, loin de son image de "prétentieux imbu de sa merveilleuse personne", il est au contraire un homme qui a bien les pieds sur terre et qui est déçu qu’on ne le prenne pas davantage au sérieux. On pardonne difficilement aux hommes d’être aussi beaux … Les films qu’il tourne sont très souvent descendus en flèche par une presse agressive et partiale. Heureusement le public l’apprécie, lui est totalement acquis et va voir ses films. Les producteurs n’ hésitent alors plus à faire appel à lui. Il s‘est glissé ainsi dans la peau de personnages variés, dans des comédies, des films d’aventure, westerns ou de sciences fictions. Tout d’abord «The Searchers (La prisonnière du désert)» (1956) avec John Wayne et Natalie Wood Puis Nicholas Ray lui donne sa chance en 1956 (très certainement l’année la plus riche et la plus intéressante de sa carrière) avec «The True Story of Jesse James (Le brigand bien aimé)» où il a pour partenaire Hope Lange et Agnes Moorehead Notons aussi le remarquable «A Kiss before Dying (Baiser mortel)» de Gerd Oswald, avec Robert Wagner |
Un acteur messianique …John Ford le choisit encore par deux fois , pour «La dernière fanfare» (1958) avec Spencer Tracy, et pour «Sergent Rutledge (Le sergent noir)» (1960). Jeffrey y a le premier rôle, personnalisant le Lieutenant Cantrell qui va tout faire pour prouver l’innocence du sergent Rutledge, l’immense et talentueux acteur noir Woody Strode Ce même John Ford le recommande avec insistance auprès du producteur Samuel Bronston Bien sûr, ce n’est peut-être pas le meilleur long métrage sur le sujet mais les 45 années écoulées depuis le tournage, le rendent agréablement désuet mais émouvant. Les critiques de l’époque furent très partagés si certains affirmaient qu’après cette prestation, personne n’oserait plus incarner le Christ tant Jeffrey était convaincant, d’autres (notamment celui du Time) ne faisaient aucun cadeau ni au film ni à son interprète, le traitant de bellâtre avec ses yeux de porcelaine ! Un Jésus avec des yeux bleus, cela ne passait pas ! Le public, lui, négligeant les remarques injustes, le plébiscita car il avait un côté touchant. Et en matière de cinéma, chacun le sait, c’est finalement le public qui a le dernier mot !
Aux côtés de Jeffrey, on retrouvait Robert Ryan Durant la décennie 60, la télévision attirera le beau Yankee. On le retrouve dans plusieurs séries populaires comme «Temple Houston» Les producteurs de «Star Trek» lui proposeront d’incarner le personnage de Christopher Pike En 1962, comme une pléiade d’artistes mondiaux, il a sa place dans le générique de «Le Jour le plus long», où il personnifie le sergent John Fuller. Le général qu’incarne Robert Mitchum Puis sa carrière va décliner. D’autres têtes d’affiches arrivent ! Il essaie une carrière européenne mais le succès n’est plus vraiment là … |
Vie privéeJeffrey épouse en 1950 une ravissante comédienne, Barbara Rush, dont il est tombé éperdument amoureux très peu de temps avant. Barbara lui donne un fils, Christopher. Le couple divorce en 1955. Les échotiers relatent que la mère de Jeffrey avait été une des causes de cette séparation. Le comédien jugeait sa maman au-dessus de toutes les autres femmes et Barbara ne soutenait pas la comparaison. Sa seconde épouse est Joan 'Dusty' Bartlett, un mannequin, avec qui il aura deux fils, Todd et Scott. Il accepte volontiers le jeune Steel, fils d’une première union de 'Dusty'. Mais si la belle lune de miel dura quelques mois, ce sera ensuite un enfer conjugal pendant près de 10 ans. Dusty, comme l’avait fait Barbara, l’accusera devant le juge, de cruauté et même de violence. Il est vrai qu’il s’agissait aussi de fixer le montant des pensions alimentaires … Jeffrey, très “fleur bleue”, croyait malgré tout au "Grand Amour" ! Début 1969, il confie à Joan Mac Trévor : "Cette fois, je crois que ça y est ! Elle est merveilleuse…elle s’appelle Emily Mac-Laughlin". Il l’épousera au début de l’année 1969, mais leur bonheur sera éphémère. Une fin tragiqueJeffrey est en Espagne où il tourne «Le clan des frères Mannata». Un jour, il est victime d'un accident de plateau. A la suite de cette blessure, il est sujet à des vertiges. Revenu en Californie, il a un malaise et chute violemment sur la tête: fracture du crâne. Il meurt sur la table d’opération. Nous sommes le 27 mai 1969, il n’a que 42 ans. Il repose auprès de sa maman, sous un arbre, au Glen Haven Memorial Park, au nord de Los Angeles. Il restera dans la mémoire collective éternellement jeune comme un très beau prince du cinéma, aux yeux si merveilleux. |
DocumentsSources : Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. Auteur : "J'ai compris que j'étais arrivé lorsque, durant le tournage de «La prisonnière du désert», on m'a donné autant de munitions qu'à John Wayne !" (Imdb) © Donatienne, juin 2007 |