Les Sœurs TALMADGE
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Plongeons-nous à nouveau dans les profondeurs du cinéma muet pour nous remémorer, à ses premières heures, l'aura internationale que connurent en leur temps les soeurs Talmadge, bien oubliées de nos jours, tout au moins en Europe. Elles étaient au nombre de trois, particularité assez rare pour être signalée, bien que la cadette ne fit qu'une carrière en pointillés. Elles furent justement reconnaissantes à maman Margaret qui, dès le début et tout au long de leur parcours professionnel, s'inquiétait de ce que pourrait être son avenir et celui de ses filles. Elles ne doivent peut-être qu'à l'indifférence de Natalie pour le septième art de n'avoir jamais tourné dans le même film. En revanche, Norma et Constance eurent une carrière si remplie que les comptables ne s'accordent toujours pas sur le chiffre de leurs prestations ! Aussi, les pages consacrées à leur filmographie respective se limiteront aux oeuvres illustrées, le reste pouvant être consulté sur le site de référence, Internet Movie Database (Imdb). Pour être complet, bien qu'il fut leur contemporain, précisons une fois pour toutes qu'aucun lien de parenté ne les reliait à l'acteur Richard Talmadge. |
S51 - Il était une fois Norma Talmadge (1893 / 1957) …
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La famille Talmadge (tronc commun) …Il était une fois trois soeurs … Certes, il fallut 6 ans au couple Frederick et Margaret Talmadge pour accomplir ce qu'il faut bien appeler un petit exploit : mettre au monde 3 actrices de cinéma, dont deux au moins acquirent une renommée internationale. Le père, Frederick L. Talmadge, chômeur et ivrogne chronique, disparaissait régulièrement de la maison familiale jusqu'à ce jour de Noël 1900 où il organisa sa dernière fugue, définitive. Vingt ans plus tard, mother Margaret, que tout le monde appelait Peg, aperçut son clochard de mari sur un banc new-yorkais. Avec l'aide de ses filles, alors engagées dans le cinéma, elle finit par lui obtenir quelques petits boulots dans les studios avant qu'il ne rejoigne les champs de Bacchus pour son dernier sommeil, un jour de l'année 1925. Après la démission de son époux, Margaret éleva ses trois enfants avec les difficultés que l'on devine. Tour à tour blanchisseuse, professeur de dessin et de peinture, logeuse, elle leur assura néanmoins une enfance décente dans le quartier new yorkais de Brooklyn. Très tôt, elle eut une grande ambition pour son aînée, Norma, qui, dès l'âge de 13 ans fut présentée aux photographes et soumise à des essais destinés à la propulser au devant de la scène … des théâtres de la grande ville. Mais nous sommes au tournant des années '10, et l'on pressent déjà l'avenir que l'on peut espérer de ce nouvel art sur le point d'acquérir ses lettres de noblesse, le cinéma. Peg Talmadge allait alors devenir ce que les historiens appelleront “une mère des sunlights”, l'organisatrice avisée de la carrière de ces charmantes demoiselles … | |||||||
La jeunesse de Norma …Tant que cela fut nécessaire à sa carrière, Norma Talmadge, l'aînée des trois soeurs laissa croire qu'elle était née le 2 mai 1897, au pied des chutes du Niagara. Bien que l'année varia selon les sources et avec le temps, il nous semble aujourd'hui probable que l'heureux événement eut lieu le 26 mai 1893 à Jersey City (New Jersey). Ses premiers travaux de modèle furent de poser pour des diapositives projetées dans les salles en préambule de la présentation des films. La légende veut qu'elle se promenait lorsqu'elle aperçut à l'entrée d'un studio une petite pancarte demandant des volontaires pour figurer dans de courtes scènes. Si c'est vrai, nul doute que c'est maman Peg qui l'aura accrochée ! Quoiqu'il en soit, nous sommes sur la côte Est où la compagnie Vitagraph règne en maîtresse sur la production locale. C'est donc au sein de cette compagnie que la jeune fille scella son destin et celui de toute sa famille, un jour de l'année 1910. Pour 25 dollars la semaine, on lui confiait des petits rôles, tantôt jeune fille et tantôt grand-mère, qui lui permirent d'acquérir métier et notoriété. Elle apparut ainsi sur plusieurs dizaines de bandes non encore totalement répertoriées, le plus souvent autour de l'acteur principal Maurice Costello En août 1915, toujours accompagnée de maman, elle traversa la Grande Pomme pour s'installer sur la côte Ouest, répondant aux sirènes de la Triangle Film Corporation, sous les ordres de l'inévitable David Wark Griffith Après quelques films pour la Griffith's Fine Arts Company ( subdivision de la Triangle dirigée par Griffith), désormais célèbre, l'actrice regagna New York où elle rencontra celui qui allait asseoir définitivement sa réputation, le producteur Joseph M. Schenck. Assurant l'avenir de sa protégée, Pygmalion épousa son Eliza le 20 octobre 1916. Le couple n'aura pas d'enfants. |
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La carrière de Norma …Les deux tiers des courts-métrages tournés par Norma Talmadge sont considérés aujourd’hui comme perdus, ainsi que dix de ses cinquante et un longs-métrages. Comparativement à d’autres stars du muet, le bilan n’est pas si négatif. Les copies de ses films existants sont plus ou moins complètes et plus ou moins en état d’être projetées. Seuls quelques-uns semblent être à ce jour disponibles en DVD et, malheureusement, le grand public n’a dès lors que peu d’opportunités de juger du talent de l’actrice. A l'heure qu'il est, la première figuration de Norma Talmadge est attribuée à «the Household Pest» (1910, parfois daté de 1909). Après de nombreuses figurations, Norma gravit peu à peu les échelons de la distribution au sein de la Vitagraph. Déjà remarquée sur le chemin de la guillotine dans «a Tale of two cities» (1911), elle accéda régulièrement aux rôles principaux dès 1912. En 1915, dès son arrivée sur la côte ouest, elle tourna une unique production pour la National Picture, «Captivating Mary Carstairs» (1915), qui connut un échec retentissant. Réduites au nombre de 7, ses prestations pour la Fine Arts (1916), une subdivision de la Triangle, ne lui permirent pas d'être dirigée par le maître, David Wark Griffith himself. De retour à New York, toujours bien encadrée par “Mama Peg” et “Daddy Schenck”, elle fonda avec celui-ci une société de production, la "Norma Talmadge Film Corporation", qui lui permit de peser davantage sur le choix de ses rôles. «Panthea» (1917), dirigé par le prolifique Allan Dwan, devait constituer le premier fruit de son évolution professionnelle. Après «Smilin' through» (1922), Joseph et Norma fermèrent leurs studios new yorkais pour rejoindre Constance et Natalie à Hollywood. Davantage exotiques, alourdies de gros moyens financiers, leurs dernières productions permirent à la tragédienne d'asseoir sa renommée, ses collaborations avec Frank Borzage («Secrets» en 1924, «the Lady/Sa vie» en 1925) et Frank Lloyd («Voice of the Minaret», «Within the Law» en 1923, ...) lui assurant une notoriété intemporelle. Sur un plan plus personnel, elle devait entretenir une romance avec son partenaire régulier du moment, l'acteur Gilbert Roland («Camille», «the Dove», etc), pour lequel elle envisagea d'entamer une procédure de divorce (1926). De cette période où elle eut son mot à dire, il faut remarquer son attachement aux affaires françaises au travers de récits comme «la Duchesse de Langeais» d'Honoré de Balzac, «Cendres de Vengeance», «la Dame aux Camélias» d'Alexandre Dumas fils, «Boule de Suif» de Maupassant et «Du Barry, woman of passion». |
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Les adieux de Norma …L'échec de ce dernier film, davantage qu'une éventuelle difficulté à s'adapter au cinéma sonore, la poussa, fortune faite depuis longtemps, à mettre un terme définitif à sa carrière. Le couple formé par Norma Talmadge et Joseph M. Schenck, déjà chancelant sous les injures et la violence de la partie mâle, se défit officiellement en 1934. Quelques jours plus tard, la (encore) jeune femme épousait George Jessel, compositeur et amuseur public, régularisant ainsi une liaison entamée depuis quelques mois. Les nouveaux époux collaborèrent quelques années sur les ondes d'une grande chaîne radiophonique avant de se séparer (1939). Norma Talmadge convola en troisième noces avec une personnalité extérieure au milieu cinématographique, le Dr. James Carvel, un physicien de Beverly Hills. Si cette union ne fut pas davantage fructueuse que les précédentes, elle résista néanmoins jusqu'à son terme naturel, en dépit des faiblesses tardives de la vedette pour les échappées vaporeuses. Retirée sous le ciel plus clément de Las Vegas (Nevada) depuis 1956, celle-ci, affaiblie par des crises d'arthrite, devait succomber à une hémorragie cérébrale le soir du réveillon de Noël 1957. Têtue ou respectueuse de sa coquetterie, la famille fit graver sur sa pierre tombale l'année 1897 comme étant celle de sa naissance. | |||||||
DocumentsSources : La principale source d'informations concernant la vie et la carrière des soeurs Talmadge demeure le livre de la scénariste Anita Loos Par ailleurs, Marlène Pilaete a consacré une page à Norma Talmadge dans sa 33eme planche, "Trois soeurs". Norma Talmadge : "Go away, my dears. I don't need you anymore (Allez-vous en, très chers. Je n'ai plus besoin de vous désormais)", à l'adresse de chasseurs d'autographes attardés. © Christian Grenier, novembre 2009 |
(Ed.5.2.8 : 5-6-2011)




















