
|
Rudolph Valentino, dont les apparitions (et même celle de son corbillard au jour de son enterrement!), causèrent des manifestations publiques qui font paraître ridicules les vociférations plus contemporaines des minettes hystériques qui, naguère encore, donnaient du "Paaaaatrickkkkkkkkkkkkkkkk!!!!", est décédé depuis 80 ans maintenant. A cette occasion, L'Encinémathèque fait un petit retour sur ce que fut la carrière - et la légende qui en suivit - de l'un des tous premiers mythes du cinéma international. |
| biographie | filmographie |
|
en 'civil' Jeunesse …D'origine italienne, de la province des Pouilles plus précisément, Rodolfo Valentino est né dans le petit village de Castellanetta, le 6-5-1895, dans une famille bourgeoise. Après des études élémentaires dans la ville voisine de Tarente, il est l'élève du Collège militaire de la même cité(1907/1910). Fort de ses succès scolaires, le jeune adolescent présente sa candidature à l'école navale de Venise, mais il lui manque un centimètre de tour de poitrine pour satisfaire aux conditions physiques exigées par le règlement! Révolté par ce qu'il considère comme une injustice, après quelque temps d'oisiveté, le jeune homme entre à l'école d'agriculture de Gênes où il étudie pendant deux ans afin de se préparer un avenir de fermier. Mais là n'était certainement pas sa vocation … Sans avenir précis, Rodolfo dépense rapidement entre Monte Carlo et Paris le petit pécule qu'on lui réservait pour sa majorité. Pour se refaire une fortune, il débarque, le 23-12-1913, dans le port de New York. A bord du Cleveland qui l'a emmené vers ce nouveau monde, il se découvre (ou s'invente) des qualités de danseur qui vont le servir à s'installer dans la grande cité. Après avoir dilapidé le petit pécule familial à lui confié pour le voyage, le jeune homme accepte un poste de sous-intendant que lui offrait un millionnaire de Long Island. Situation sans lendemain. Reprenant ses activités de danseur, il devient le partenaire de Bonnie Glass (1914). En cette même année 1914, Rodolfo, crée sur la scène de San Francisco le rôle masculin d'une pièce intitulée «Nobody Home». A cette époque, selon certains historiens ou archivistes du cinéma, il aurait personnifié quelques silhouettes dans trois ou quatre bandes filmées. |
Hollywood …A partir de 1917, on retrouve plus sûrement le nouvel acteur dans la distribution de quelques films. Lui-même considérait «the Married Virgin/la Vierge Mariée» (1918) comme son premier travail “cinégraphique”. On le retrouve d'ailleurs au générique de plusieurs oeuvres, sous des déclinaisons différentes de ce qui devait devenir son patronyme définitif, Rudolph Valentino. Sa carrière débute véritablement avec «les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse» (1921). Entre 1921 et 1922, on le retrouve aux génériques de 9 films aujourd'hui devenus célèbres par sa seule présence. Citons deux adaptations d'œuvres de la littérature française, «Camille/la Dame aux Camélias», d'après Alexandre Dumas et co-interprété par Les grandes actrices hollywoodiennes valsent alors entre les bras de Rudolph Valentino: |
|
et Natacha Rambova Vie privée …Sa vie sentimentale est assez trouble. Sa première épouse, Jean Acker, issue de l'entourage de l'actrice russe Alla Nazimova, une lesbienne notoire, lui refuse l'accès au lit conjugal le soir même de leur nuit de noces! Ca commence bien … Peu de temps après le divorce, il convole en secondes noces avec Natacha Rambova, ex-costumière de la même Nazimova. Mais, dans la Californie de ce début de siècle, la loi exige un délai entre deux mariages. Voilà le bel Italien arrêté pour bigamie! N'occultons pas sa réputation d'homosexualité, ne serait-ce que pour en dire, selon historiens et biographes, qu'elle n'a jamais été ouvertement démontrée … Mais laissons-là le côté “people” de l'affaire. Car Rudolph Valentino est avant tout devenu un mythe. Sa mort prématurée, en 1926, va lui conférer cette grandeur que, peut-être, le cinéma parlant lui aurait retirée. Une mort pleurée par 100 000 personnes le jour de son enterrement. Et comment ne pas évoquer cette inconnue (*) qui, telle la dame mystérieuse des concerts de Tchaikovsky, continuera pendant des années, voilée de noir, à venir fleurir sa tombe à la date anniversaire de sa mort. (Selon Raoul Walsh, il pourrait s'agir de Pola Negri). |
DocumentsSources: Ciné-magazine N° 30/1922 du 23 juillet 1922, article de Robert Florey, pour le paragraphe relatant la jeunesse de Rudolph Valentino, documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. * Document emprunté à l'ouvrage d'Alexandre Walker, «Rudolph Valentino», 1976, Ed.Elm Tree Books-Hamish Hamilton Ltd, que je vous conseille fortement. (cliquez sur les icônes / click on the thumbmails) ©Christian Grenier, juillet 2002(Ed.4.5.2: 31-8-2008) |