SIAMO DONNE

Galerie N° 54 : "I telefoni bianchi" (1ere partie)

Après son accession au pouvoir en 1922, le parti fasciste italien s’occupe peu de son cinéma national qui, à l’époque, vit de toute façon une importante crise.

Tout change dans les années 30 et le régime mussolinien met alors véritablement en place une politique de développement de la cinématographie. Une loi sur le cinéma, dans laquelle on trouve des mesures pour favoriser la production italienne, est promulguée en 1931.

Il y a ensuite la création, en 1934, de la "Direzione Generale della Cinematografia" et, en 1935, du «Centro Sperimentale di Cinematografia», école spécialisée dans les métiers du Septième Art. En 1937, on assiste à l’inauguration de Cinecitta. A la fin de la décennie, la loi Alfieri et la loi sur le monopole avantagent encore plus les films nationaux.

Tout cela explique sans doute le grand boom du cinéma italien dans les années 30 et le début des années 40.

J’ai choisi de vous présenter, en deux parties, une sélection, non-exhaustive, d’actrices ayant fait les beaux jours du cinéma transalpin de cette époque. Comme j’évoque ici une des grandes dictatures européennes du 20ème siècle, je vous invite à relire mon texte d’introduction à ma galerie n°39, consacrée à certaines vedettes du cinéma allemand de la même période. A peu de choses près, il peut s’appliquer aussi dans ce cas-ci. On notera toutefois que, comparativement à l’Allemagne, l’Italie fasciste produira assez peu de  longs-métrages de propagande.

Je vous invite donc à découvrir des cartes de Paola Barbara, Luisella Beghi, Adriana Benetti, Vera Bergman, Caterina Boratto, Clara Calamai, Vera Carmi, Elisa Cegani, Nelly Corradi, Valentina Cortese, Rubi Dalma, Elsa De Giorgi, Carla Del Poggio, Maria Denis, Irasema Dilian, Doris Duranti, Luisa Ferida, Oretta Fiume, Vivi Gio et Leda Gloria.

PS : Si vous voyagez à travers mes précédentes galeries, vous retrouverez plusieurs autres vedettes du cinéma italien de l’époque, par exemple Marisa Vernati et Jone Salinas ou encore des comédiennes «importées» comme Anneliese Uhlig, Lida Baarova, Carola Höhn, Conchita Montenegro, etc.

Marlène Pilaete, novembre 2008

Doris Duranti

Doris DURANTI (1917 / 1995)

icone

 

Doris Duranti (née à Livourne, Italie) débute à l’écran en 1935.
  Elle est remarquée en Abyssinienne dans «Sentinelle di bronze» (1937) et en belle créature exotique dans «Sotto la croce del Sud» (1938) et devient une star du cinéma italien.

Au fil des ans, son prestige se renforce et, durant un certain temps, elle entretient une liaison qui favorise sa carrière avec Armando Leoni, membre influent de la firme cinématographique Scalera et propriétaire d’une importante chaîne de salles de cinéma.
   Elle est l’interprète de, notamment, «Cavalleria rusticana» (1939), «Il cavaliere di Kruja» (1940), «La figlia del corsaro verde» (1940), «Il re se diverte» (1941), «La contessa Castiglione» (1942), «Calafuria» (1943), «Resurrezione» (1943), …

Elle tient sans doute un de ses meilleurs rôles dans «Carmela» (1942), dans lequel elle dévoile fièrement sa poitrine.
   Durant le tournage de ce film, elle rencontre Alessandro Pavolini, Ministre de la Culture Populaire de 1939 à 1943, qui ne tarde pas à devenir son amant.

Alors que l’Italie se transforme bientôt en champ de bataille, elle finit par se retrouver dans le Nord du pays, où le gouvernement de la République fasciste de Salo s’est installé et où elle tourne «Rosalba» (1944) qui, semble-t-il, ne fait l’objet d’aucune projection publique.
  Elle y retrouve aussi Alessandro Pavolini, devenu un des leaders du tout neuf Parti Fasciste Républicain, formé en novembre 1943.
   A la mi-avril 1945, celui-ci, qui finira sous les balles des partisans le 28 du même mois, arrive à faire passer sa maîtresse en Suisse.
  Alors que l’ère mussolinienne prend définitivement fin, il est plus prudent pour une actrice aussi compromise que Doris Duranti de prendre le large et elle s’exile en Amérique du Sud.

Quelques années plus tard, elle estime qu’elle peut rentrer sans danger dans son pays natal et renoue avec le cinéma italien en incarnant, avec une sensualité toujours aussi affirmée, une femme infidèle dans «Il voto» (1950).

Jusqu’en 1954, elle figure encore au générique de plusieurs autres films, parmi lesquels «Clandestino a Trieste» (1951), «Tragico ritorno» (1952), «La muta di Portici» (1952), «François il contrabbandiere» (1954), …
  Mais l’époque où elle était une des reines incontestées de Cinecitta est révolue et une nouvelle génération de vedettes féminines tient désormais le haut du pavé.
  Doris Duranti repart alors à l’étranger et s’installe à Saint Domingue.

Elle effectue un dernier retour devant les caméras en tenant un second rôle dans la production italienne «Divina creatura» (1975).

Marlène Pilaete
(Ed.6.1.1 : 6-8-2013)