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Yvette LEBON (1910)

Yvette LEBON (1910)

Actrice française, née Simone Lebon, le 14 août 1910, à Paris.

Fille d'un papa ferblantier et d'une maman repasseuse, Yvette Lebon naît à Paris à un jet de pierre de la place de la République, encore bien dépourvue d'automobiles.

Son suivi scolaire est assez dissipé, Yvette rêvassant le plus souvent à une carrière de comédienne. Sans avoir suivi des cours d'art dramatique, elle fréquente les studios de cinéma et réussi en 1931 quelques apparitions dans deux films produits par la Paramount française dont le héros n'est autre que Henri GaratHenri Garat. Elle gravit rapidement les échelons des génériques grâce à Marc Allégret qui l'engage pour «Zouzou» (1934), un film qu'elle termine vaillamment le bras cassé et dans un plâtre dissimulé sous la dentelle de sa toilette !

Les films s'enchaînent. Jean Dréville l'emmène en Italie, à Pise, où il lui confie le premier rôle de son «Coup de vent» (1935). Elle enchaîne avec «Divine» (1935), une comédie dramatique spécialement écrite pour l'écran par Colette et mise en scène par un Max Ophüls souvent mieux inspiré. Sa carrière est lancée. Elle est aimée des chanteurs : petite dactylo, elle enflamme le coeur de Tino RossiTino Rossi dans l'immense succès populaire qu'est «Marinella» (1936); à son tour, Jean Lumière lui roucoule dans les oreilles sur la musique de Misraki pour «Le chanteur de minuit» (1937) et Charles TrénetCharles Trénet sur celle de Georges van Parys pour «Romance de Paris». (1941)

Elle gagne les studios de Joinville pour «Gibraltar» de Fédor Ozep, film d'espionnage pour lequel elle incarne la jeune héroïne romanesque et sentimentale tout au bonheur de ses rêves auprès d'un fringant agent secret interprété par Roger DuchesneRoger Duchesne, à qui une certaine presse la marie un peu trop rapidement, car si idylle il y eut, elle ne se termina pas devant l'autel des engagements !

En octobre 1940, Sacha GuitrySacha Guitry ne peut davantage rester insensible au charme d'Yvette : s'intéressant au «Destin fabuleux de Désirée Clary» (1941), personnifiée par Gaby MorlayGaby Morlay, il lui confie le rôle de Julie, la sœur aînée de la future reine de Suède et de Norvège. Yvette prend de plus en plus d'importance dans le cœur du dramaturge et comédien, mais ne s'installe pas pour autant au domicile du n°18 de l'avenue Elysée-Reclus, haut lieu de la culture parisienne, mais plus adroitement au n°15 qui lui fait face, afin de ne pas déranger les habitudes du maître. Mais, à la Libération, les ennuis rencontrés par celui-ci l'incite à se retirer prudemment à la campagne. Auparavant, Pierre de Hérain, beau-fils du maréchal Pétain, en avait fait une convaincante Madame Tallien pour «Paméla» (1944) auprès d'un Fernand GraveyFernand Gravey en Barras.

Le parcours amoureux d'Yvette croise alors celui du producteur Nat Wachsberger, s'illumine d'un coup de foudre et se concrétise par un mariage le 22 février 1948 à New York.

Ce n'est que six ans plus tard, qu'elle reprendra le chemin des studios, qui ne seront pas ceux de Joinville ou de Nice, mais ceux de Cinecittà, pour un historique «Il boia di Lilla/Milady et les mousquetaires» (1952) où notre ex-ingénue nous apparaît toujours aussi belle, mais perverse et rusée sous les traits d'une Milady qui finira par offrir son joli cou de cygne au bourreau de Lille. Suivent «Il cavaliere di Maison Rouge/Le prince au masque rouge» (1954) pour lequel elle fomente sans succès l'évasion de la reine Marie-Antoinette; puis un péplum, chose courante pour l'époque et qu'elle ne peut éviter, «Ulysse contre Hercule» (1962) avec un Georges MarchalGeorges Marchal très “bodybuilder“.

Yvette revient en France pour y terminer sa carrière avec notamment une participation dans la co-production franco-italo-espagnole «Le vicomte règle ses comptes» (1966). Enfin, dans «La cavale» (1971), son dernier film, elle incarne, auprès de Juliet BertoJuliet Berto, l'une des co-détenues d'un centre pénitencier préventif.

Fidèle, elle habita longtemps dans “son” seizième arrondissement de Paris avant d'apprécier définitivement le soleil bénéfique de la riviera d'azur.

Sur les 41 films auxquels elle a participé, nous l'avons repérée pour vous dans :

anTitre+++
1935COUP DE VENT   
1936LES MARIAGES DE MADEMOISELLE LEVY   
1936ROMARIN   
1937ABUS DE CONFIANCE   
1937LE CHANTEUR DE MINUIT   
1937TROIS ARTILLEURS AU PENSIONNAT   
1941ROMANCE DE PARIS   
1941LE DESTIN FABULEUX DE DESIREE CLARY   
1945MONSIEUR GREGOIRE S'EVADE , Sorti en 1946  
1946LES AMOURS DE BLANCHE NEIGE , Sorti en 1950  
1960IL SEPOLCRO DEI RE (La vallée des pharaons)   
1960L'ULTIMO ZAR/LES NUITS DE RASPOUTINE   
1963LA MASCARA DE SCARAMOUCHE (Scaramouche)   
1965BARAKA SUR X-13   

(Filmographie sélective)

© Yvan Foucart
Ed.6.3.1 : 5-6-2013