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Marisa MERLINI (1923 / 2008)

Marisa MERLINI (1923 / 2008)

Actrice italienne, née le 6 août 1923, à Rome. Décédée le 27 juillet 2008, à Rome.

Très jeune, la petite Marisa Merlini fréquente l'école romaine de récitation de la comtesse Serra, participant à ce titre aux spectacles du Théâtre des Enfants. Lorsque le père abandonne sa famille (cinq enfants), l'adolescente s'engage comme vendeuse au rayon parfumerie d'un grand magasin.

Elle n'a que 17 ans lorsqu'elle est remarquée par l'épouse d'Ermino MacarioErmino Macario, un célèbre acteur italien, qui la fait débuter sur scène dans «Primavera di donne» (1940). Elle fait ainsi ses classes dans les fameuses "rivistas" qui révélèrent, entre autres, TotòTotò et Anna MagnaniAnna Magnani, dont elle devint l'amie fidèle. Durant quelque temps, c’est sur scène qu’elle poursuit principalement son parcours.

Elle apparaît dans deux films en 1942 («Stasera niente di nuovo») et 1946 («La nuit porte conseil» de Marcello Pagliero) mais ce n’est qu’à partir de 1949 qu’elle se lance véritablement dans le cinéma.

Durant sa carrière, l’actrice, qui jouit d’un important capital de sympathie auprès du public, tourna une centaine de productions. Son interprétation la plus célèbre est sans doute celle de la sage-femme courtisée par Vittorio de SicaVittorio de Sica dans «Pane, amore e fantasia» (1953) et «Pane, amore e gelosia» (1954). Les deux comédiens se retrouvèrent dans «Père et fils», «Tempo di villegiatura (Amours de vacances)» (1956) et «Le médecin et le sorcier» (1957).

Ellle croisa Totò, son partenaire de revues, à quatre reprises sur un écran : «L'imperatore di Capri» (1949), «Totò cherche un appartement» (1950), «Totò cerca moglie» (1950) et «Destinazione Piovarolo» (1956). Outre «Le médecin et le sorcier» déjà cité, elle donna remarquablement la réplique au fantaisiste Alberto SordiAlberto Sordi : propriétaire d'un atelier de couture dans «Ladro lui, ladro lei» en 1958), elle campe la concubine de «Il vigile» en 1960.

De son imposante filmographie, qui comporte plusieurs co-productions européennes, on peut encore citer, entre autres, «Stasera sciopero» (1951), «Ergastolo» (1952), «Le signorine dello 04 (Les demoiselles du téléphone)» (1954), «Tempo di villeggiatura» (1956), qui lui vaut un Nastro d’argento du meilleur second rôle, «Il momento piu bello» (1957) en sage-femme auprès du jeune médecin Marcello MastroianniMarcello Mastroianni, «Io, mammeta e tu» (1958), «La cento chilometri» (1959) où elle se montre désopilante en mère de famille simulant son accouchement prématuré pour sauver son lit d'un créancier impayé, «Le jugement universel» de Vittorio de Sica (1961), «Le massagiatrice (Les faux jetons)» (1962) avec Philippe NoiretPhilippe Noiret, «Un amore» (1965), le western-spaghettis «Le grand silence» (1967) avec Jean-Louis Trintignant, «Drame de la jalousie» (1970), «A pugni nudi» (1974), «La mazzetta» (1978), «Gianburrasca» (1982), «Ricky e Barabba» (1992), «Teste di cocco» (1999).

Ne s'expatriant que très rarement, Marisa Merlini apparut néanmoins aux génériques de quelques films français («Tempo di Roma» de Denis de la Pattelière et «La vendetta» de Jean Chérasse, co-productions franco-italiennes de 1962, «Toutes folles de lui» de Norbert Carbonnaux en 1965, «Les bidasses s’en vont en guerre» de Claude Zidi en 1974). Elle connut également une courte “période espagnole” («Loca Juventud» et «La chiva del Trebol» en 1963, «Crucero de verano» en 1964).

Un peu délaissée dans les années 80, elle se tourna vers les comédies polissonnes alors très en vogue de l'autre côté des Alpes: «L'onorevole con l'amante sotto il letto» (tout est dans le titre !), etc. Elle fit sa dernière apparition dans un film de Pupi Avati, «La seconda notte di nozze», en 2005.

Il faut ajouter à cela quelques retours sur les planches, notamment à Londres en 1970, ainsi que de nombreuses incursions à la télévision.

Pour la petite histoire, rappelons qu’elle aurait refusé d’incarner l’héroïne de «La ciociara» (1960), ce qui permettra à Sophia LorenSophia Loren de se voir proposer le rôle et de recevoir un Oscar.

Célibataire, elle fut trés aimée dans la péninsule italienne et son décès peina profondément ses compatriotes.

Sur les 129 films auxquels elle a participé, nous l'avons repérée pour vous dans :

antitre+++
1949TOTÒ CERCA CASA (Totò cherche un appartement)  
1949L'IMPERATORE DI CAPRI  
1951STASERA SCIOPERO, de Mario BONNARD  
1952ERGASTOLO  
1954TI HO SEMPRE AMATO!, de Mario COSTA  
1953PANE, AMORE E FANTASIA (Pain, amour et fantaisie)  
1954PANE, AMORE E GELOSIA (Pain, amour et jalousie)  
1954DUE LACRIME, de Giuseppe VARI  
1954GLI AMORI DI MANON LESCAUT (Les amours de Manon Lescaut)  
1955CORTILE  
1955LE SIGNORINE DELLO 04 (Ces demoiselles du téléphone)  
1955DESTINAZIONE PIOVAROLO  
1956PADRI E FIGLI (Pères et fils)  
1957IL MOMENTO PIU BELLO (Le moment le plus beau)  
1957IL MEDICO ET LO STREGONE (Le médecin et le sorcier)  
1957MARITI IN CITTA  
1959TUTTI INNAMORATI  
1959LA CENTO CHILOMETRI  
1960IL VIGILE  
1960LE AMBIZIOSE  
1961IL GIUDIZIO UNIVERSALE (Le jugement dernier)  
1961MARITI A CONGRESSO, de Luigi Filippo d'AMICO  
1961IL MANTENUTO (Le souteneur), de Ugo TOGNAZZI  
1961GLI INCENSURATI, de Francesco GIACULLI  
1962LE MASSAGGIATRICI (Les faux-jetons)  
1965LES COMBINARDS [Sk."La morte in affitto"]  
1965IO, IO, IO... E GLI ALTRI (Moi, moi, moi... et les autres)  
1976OH, SERAFINA!  
1981L' ONOREVOLE CON L'AMANTE SOTTO IL LETTO, de Mariano LAURENTI  
1992RICKY E BARABBA  
1992MUTANDE PAZZE, de Roberto d'AGOSTINO  
2005LA SECONDA NOTTE DI NOZZE  

(Filmographie sélective)

© Christian Grenier, sur un texte original de Marlène Pilaete
Ed.6.1.1 : 28-01-2012