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Gino Cervi fut sans doute l'un des plus français des grands acteurs du cinéma italien. S'il n'a échappé à personne qu'il donna la réplique à Don Camillo dans la magnifique incarnation qu'il fit du maire du petit village de Brassa, l'ineffable Peppone, on a davantage oublié qu'il personnifia longtemps, en fin de carrière, le fameux commissaire Maigret, né sous l'imagination du plus hexagonal des romanciers belges, Georges Simenon. Grand interprète de Cyrano à la scène, il fut également un Porthos plus que vraisemblable au cinéma. Enfin, c'est bien de part et d'autre des Alpes Occidentales qu'il construisit l'essentiel de sa carrière. Grâce à l'aide d'une aimable correspondante transalpine, voici retracées, en quelques lignes, les étapes essentielles d'une filmographie tout aussi féconde que consistante. |
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Avant-guerre …Né à Bologne, Italie, le 3 mai 1901, Gino Cervi est le fils du critique théâtral Antonio Cervi Très tôt attiré par le théâtre, et bientôt membre de la troupe d'Alda Borelli En 1925, membre de la troupe du dramaturge Luigi Pirandello Entre 1935 à 1937, le voici jeune premier à la compagnie "Tofano-Maltagliati", avant de rejoindre la compagnie du "Teatro Eliseo di Roma", dont il assume la direction à partir de 1939. Sa forte présence autant que la qualité de sa voix lui permettent d'interpréter les oeuvres des plus grands auteurs du théâtre classique : Goldoni, Sophocle, Dostoievsky, Shakespeare (grand succès dans «Othello»), Dumas («La dame aux camélias», aux côtés de Maria Melato). Ses débuts cinématographiques remontent en 1932, lorsque le vétéran Gennaro Righelli Sans surprise, Gino Cervi se met au service du grand spécialiste du genre, Alessandro Blasetti |
Peppone …Le 10 juin 1940, l'Italie rejoint l'Allemagne dans sa lutte contre la France. Le cinéma joue pleinement son rôle et Alessandro Blasetti fait porter à Gino Cervi, le tyrannique roi Sedomondo, une bien lourde «Couronne de fer» (1941), avant de le ramener à des occupations plus roturières dans «Quatre pas dans les nuages» (1942), une oeuvre peut-être annonciatrice de l'avènement du cinéma néo-réaliste italien d'après guerre. Ricardo Freda lui permet de revêtir les habits nobiliaires dans «Don Cesare di Bazan» (1942), une adaptation de Sergio Amidei et Cesare Zavattini de la pièce des auteurs français D'Ennery et Dumanoir. Reprenant le sujet de son film de 1933, Mario Camerini ramène notre vedette sur les chemins plus populaires mais non moins embourbés de «T'amero sempre» (1943), aux côtés d'Alida Valli Bien avant Depardieu, Ventura, Belmondo ou Gabin, mais loin derrière le grand Harry Baur, Gino Cervi endosse les misérables hardes d'un Jean Valjean «Evadé du bagne», dans une adaptation cinématographique bien oubliée de l'œuvre de Victor Hugo, réalisée à nouveau par Riccardo Freda (1947). En 1948, Alessandro Blasetti, revenu de ses errances fascisantes, réunit pour la première fois, tout au moins devant la caméra, le couple d'acteurs français Michèle Morgan et Henri Vidal pour une de ces superproductions dont il est coutumier, «Fabiola» (1948). Il n'oublie pas Gino Cervi, qu'il distribue dans le rôle de Quadratus. Après avoir fait partie de l'aventure intellectuelle que Curzio Malaparte tente avec «Cristo proibito» (1950), la vedette transalpine est retenue, co-production franco-italienne oblige, pour donner la réplique à Fernandel dans l'adaptation de l'oeuvre de Giovanni Guareschi |
Maigret …Dans les années cinquante, Gino Cervi ne se cantonna pas à incarner le maire du petit village de Bassa. Il fut notamment le Porthos de l'adaptation que fit Michel Audiard En Italie, il reprit le rôle si souvent tenu au théâtre du «Cardinale Lambertini» (1954) et donna la réplique à Micheline Presle dans une nouvelle version de «Beatrice Cenci» réalisée par Riccardo Freda en 1956. Partagé entre l'Italie et la France, il affrontera à nouveau Fernandel dans les coproductions comiques que furent «Le grand chef» (1958) et «Le bon roi Dagobert». Il fut également l'un des nombreux interprètes qui incarnèrent le commissaire Maigret dans une série TV italienne, «Le inchieste del commissario Maigret» (1964/1972), dont un opus, «Maigret à Pigalle», fut réservé au grand écran (1966). Époux de la comédienne Nini Gordini, Gino Cervi est par là même le père d'Antonio, producteur et réalisateur plus connu sous le diminutif de Tonino Cervi Depuis le 3 janvier 1974, date de son décès, de nombreuses et bruyantes disputes ont été signalées du côté du Ciel. A ces occasions, nombreux furent surpris d'apprendre que les maires communistes des zones rurales peuvent prétendre, tout autant que les curés de campagne, à une petite place en Paradis. |
DocumentsSources : Ce dossier a été complété grâce à l'aimable collaboration de Roberta R., anonyme et néanmoins charmante visiteuse italienne de L'Encinémathèque. Pour le reste … documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine. © Christian Grenier, juillet 2002 |