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Clark GABLE (1901 / 1960)

Clark Gable

Nous n'avons pas la prétention de vous faire des révélations sur la vie de Clark Gable, maintes fois commentée sur la toile mondiale, et jusque dans la langue française.

Aussi est-ce sous un angle “people” que nous avons composé cette page en replaçant "le King" au centre de son univers de séducteur, relatant toutefois davantage ses unions officielles que les nombreuses aventures que nous n'avons aucune peine à lui attribuer, tout au moins s'il faut en croire nos épouses (ou celles de nos grands pères !).

Aussi, parodiant le titre de l'un de ces films les plus célèbres de sa période tardive (réalisé en 1956 par l'ami Raoul Walsh), ce n'est pas sans un fond de jalousie que j'ai - malgré tout - le plaisir de vous présenter …

H01 - Clark Gable, un Roi et quelques Reines !

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Petite enfance, adolescence et prime jeunesse …

William Gable naît le 1er février 1901, à Cadiz, état de l'Ohio.

Il n'a pas sept mois au décès de sa mère. Sa tante et son oncle le prennent alors en charge jusqu'au retour du père dans la petite ville.

A 16 ans, l'adolescent abandonne l'école et exerce divers petits métiers, travaillant notamment dans une usine de pneus ou pour une compagnie de téléphone.

Assez tôt, avec son ami Earl Larrimore, il court les engagements et finit par se faire embaucher (d'abord comme machiniste et homme à tout faire, puis comme acteur secondaire), dans une petite troupe ambulante, les Jewell Players, grâce à l'aide de celle qui deviendra sa première fiancée, Franz Dorfler …

La première Reine et le théâtre …

En 1924, Franz Dorfler présente le jeune homme au professeur d'art dramatique Josephine Dillon. Celle-ci, remarquant la forte personnalité de Billy, l'aide à apprendre son métier d'acteur et lui fait faire ses premiers pas à Hollywood en lui obtenant quelques figurations: «Forbidden Paradise» de Ernst Lubitsch (1924), «The Merry Widow» d'Eric Von Stroheim (1925).

Mais c'est au théâtre que Billy remporte ses premiers succès. Ayant adopté, sur les conseils de Joséphine, le pseudonyme de Clark, il travaille avec Anthony Hopkins sur la pièce que celui-ci met en scène à Broaway, «The Machinal» (1928).

Entre temps, Clark (on s'habituera vite à ce prénom), a répondu aux élans amoureux de sa pygma-lionne - son aînée d'une quinzaine d'années - et le couple s'est marié en décembre 1924.

Désormais souvent en tournée, tandis que Josephine s'occupe de son école de Los Angeles, Gable se surprend bien vite à pouvoir voler de ses propres ailes …

La deuxième reine et Hollywood …

C'est au cours d'une de ces tournées que l'acteur rencontre une riche héritière, Maria Langham. Veuve d'un actionnaire de la Texaco, femme d'argent, mère de deux enfants et son aînée d'une dizaine d'années, 'Ria' met le grappin sur notre vedette. Le couple se marie une première fois le 30-3-1930, un jour avant que le divorce d'avec Josephine ne soit prononcé ! Bigame par accident, Clark se remarie le 19-6-1931.

En 1931, il reprend, à Los Angeles, le rôle tenu par Spencer Tracy à New York dans la pièce «the Last Kilometer», tandis que Ria lui obtient un premier véritable rôle dans un western hollywoodien, «The Painted Desert».Ici commence l'histoire qui nous intéresse …

Au cours de cette même année 1931, Gable tourne une dizaine de films et côtoie notamment Joan Crawford («Dance, Fools, Dance», «Laughing Sinners» et «Possessed»), Norma Shearer («A Free Soul»), Barbara Stanwyck («Night Nurse») et Greta Garbo («Susan Lenox, Her Rise and Fall»), mais également Adolphe Menjou («The Easiest Way»), Wallace Beery («The Secret Six»), et Lionel Barrymore («A Free Soul»). Pas à dire, ça aide !

En 1932, c'est déjà en vedette qu'il donne la réplique à Jean Harlow dans «Red Dust» et à … Carole Lombard dans «No Man of Her Own».

Pris sous contrat par la MGM, il y restera jusqu'en 1954.

Exemple parfait d'une ascension rapide, il obtient, le 2 février 1935, un Oscar pour sa perfomance dans «It Happened One Night (New York-Miami)», réalisé en 1934 par Frank Capra. Il a déjà plus d'une vingtaine de titres à son actif.

Autant en emporte le vent …

Après une seconde nomination aux Oscars pour «Mutiny on the Bounty» (1935), Clark Gable apparaît dans «Call of the Wild» (1935), aux côtés de Loretta Young. On fera plus tard la connaissance du fruit illégitime de leurs amours en la personne de la future actrice Judy Lewis.

Depuis plusieurs années, le producteur David O.Selznick tente de mettre en chantier «Gone with the Wind/Autant en emporte le vent» d'après le best seller de la romancière Margaret Mitchell. Tandis que les candidates défilent pour obtenir le rôle de la rousse Scarlett, celui de Rhett Butler n'a jamais posé de problème: il est fait pour Clark Gable. Ce dernier attend patiemment la sélection de sa partenaire (ce sera Vivien Leigh), finit par écarter George Cukor (auquel il reproche de mettre davantage en valeur les actrices que les acteurs) peu après le début du tournage et remporte le plus grand succès international de sa carrière et, pendant longtemps, du cinéma mondial.

Côté coeur, son union avec Ria, sans doute profitable à l'élan de sa notoriété cinématographique, est un échec sentimental. Séparé officiellement depuis septembre 1935, le couple divorce au début de l'année 1939.

La troisième reine et la Seconde Guerre Mondiale …

Depuis 1936, Clark Gable entretient une relation amoureuse avec une de ses anciennes partenaires, Carole Lombard.

Enfin libre, il convole en troisièmes noces avec la femme qu'il cherchait depuis longtemps. Finies les intellectuelles et les riches bourgeoises, le Roi a enfin trouvé une Reine à sa pointure. Le couple a racheté la propriété de Raoul Walsh, Encino (photographie de 1957), située à Bel Air, un quartier de Hollywood. Les deux tourtereaux vont y vivre pleinement leur amour.

Mais la guerre éclate en Europe … Le 7 décembre 1941, l'aviation japonaise attaque la base américaine de Pearl Harbor. Le 10, les Etats-Unis entrent dans le conflit. Clark Gable contribue au soutien du moral des troupes en vendant des bons du trésor tandis que Carole participe aux tournées du théâtre aux armées. C'est au cours de l'une d'elles que la jeune épousée est victime de l'accident d'avion qui lui sera fatal.

Nous sommes le 16-1-1942. Gable est un homme brisé. Il s'engage très rapidement dans l'aviation, arme dans laquelle il participe, en tant que lieutenant-mitrailleur, à de nombreux bombardements aériens.

N'ayant pas le courage d'aller vers elle, l'homme attend que la mort vienne à sa rencontre : il a quelque chose à lui dire …

Retour à la vie : la quatrième reine …

Le commandant William Gable, décoré de la Distinguished Flying Cross, est rendu à la vie civile en 1944. Il retourne au studio, sans toutefois ne rien tourner de remarquable pendant quelques années, comme si sa vie professionnelle respectait le deuil de sa vie privée.

Le 20 décembre 1949, à la surprise générale, Clark Gable épouse Sylvia Hawkes, alias Lady Ashley. Ancienne meneuse de revue des "Midnight Folies", elle a conservé le droit de porter le titre nobilaire de son premier époux, Lord Ashley, fils du Comte de Salesbury, avant de devenir la dernière épouse de Zorro / Douglas Fairbanks. Après la bourgeoisie, Clark affronte l'aristocratie.

Disons-le tout de suite, le combat fut de courte durée. Après avoir fondé, en 1950, la société de production Sylvia Pictures, Clark jette l'éponge. Le divorce est prononcé en avril 1952.

Entre temps, notre vedette, quelque peu grisonnante et empâtée, a été le héros d'un joli western, «Across the Wide Missouri», réalisé par le vétéran William Wellman.

«Mogambo» et la dernière Reine …

En 1953, John Ford fait appel à Clark Gable pour reprendre son role de «Red Dust» (1932) dans le remake qu'il s'apprête à en réaliser, «Mogambo». La femme fatale Ava Gardner et la très bourgeoise Grace Kelly se disputent les faveurs du héros. A l'opposé de sa vie privée, Clark choisira la roturière. Qu'auriez-vous fait à sa place ? Un véritable sujet de philosophie de la vie !

Vieillissant , l'acteur n'en n'est pas moins séducteur. Il épouse, le 11-7-1955, Kay Spreckles, mère de deux enfants.

En 1954, après «Betrayed/Voyage au pays des vivants», tourné en Europe, la MGM ne renouvelle pas le contrat de son poulain, qui fonde la société de production Gabco-Russfield. L'année même de son cinquième mariage, il tourne deux westerns intéressants, «The Tall Men/Les implacables» et «The King and Four Queens/Un roi et quatre Reines)», tous deux réalisés par Raoul Walsh.

En 1956, Kay fait une fausse couche, privant Clark de ce qui lui a toujours manqué : un enfant.

Clark Gable a trouvé la quiétude, sinon le bonheur entrevu avec Carole, aupès de Kay Spreckles.

Les films de la maturité se tournent sans véritable surprise lorsque John Huston lui propose enfin un grand rôle dans «The Misfits». A ses côtés, Montgomery Clift, en pleine crise personnelle, et Marilyn Monroe, guère mieux lotie et dont ce sera le dernier film achevé. De véritables désaxés auxquels Gable va tenir lieu de père, si ce n'est davantage …

Clark, qui va être également papa dans la vie, se prépare physiquement et moralement à un tournage qui s'annonce éprouvant. Le scénario prévoit des scènes dangereuses qu'il s'est promis de tourner en minimisant l'intervention des cascadeurs.

Les historiens s'accordent aujourd'hui à dire que les efforts fournis pendant le tournage de «The Misfits» précipitèrent la fin de celui que le monde entier, reprenant le surnom dont l'affubla Spencer Tracy en 1938, n'appelait plus que "le King".

Clark Gable est mort le 16 novembre 1960, d'une crise cardiaque. Il n'a jamais connu son fils, John Clark, né quatre mois après sa disparition.

Documents

Sources : Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Clark Gable : "All this 'King' stuff is pure b------t. I eat and sleep and go to the bathroom just like anyone else ! (Toute cette histoire de Roi n'est que de la connerie. Je mange, je dors et je vais aux toilettes comme tout le monde !)"

© Christian Grenier, février 2009
(Ed.6.3.2 : 18-12-2013)